18 mai 2012

Jean-Jacques Schpoliansky (Le Balzac) et le Sens du client

En me rendant au cinéma Le Balzac à Paris, j'ai pensé utile d'interviewer pour vous Jean-Jacques Schpoliansky, son célèbre directeur qui met un point d'honneur a présenter les films au public depuis 1984. Assis dans mon fauteuil, je l'écoute à chaque séance devant son rideau rouge, défendre sa programmation, annoncer les nombreuses animations et rappeler à quel point les salles indépendantes sont indispensables au cinéma.
Bien qu'il réfute totalement l'idée de faire du marketing, et n'entend rien à la discipline de la relation client, cet homme de convictions a vraiment le sens du client comme vous allez le constater.
Ce très récent Commandeur des Arts et Lettres (une distinction qui vient s'ajouter aux nombreuses autres dont celle de Meilleur exploitant) est un homme enthousiaste, imaginatif et plein d'énergie, qui se bat pour préserver l'exception culturelle, favoriser la diversité et...enchanter le spectateur.

Qui êtes-vous ?

Je suis le propriétaire du dernier Cinéma art et essai de l'avenue des Champs-Elysées, on pourrait dire "l'Asterix des Champs Elysées", sur un lieu qui comptait 65 salles dans les années 70 contre 33 aujourd'hui, dont 3 dans mon cinéma.
Le Balzac, créé en 1935 par mon grand-père, est un des cinémas mythiques de Paris qui a connu après guerre des grandes heures du cinéma français. Romy Schneider, Alain Delon, Jean Marais, Brigitte Bardot, Jean-Luc Godart, Jacques Tati et bien d'autres sont venus y présenter en avant-première leurs films.
Le cinéma a été rénové en 1993 : trois salles entièrement refaites, un bar, un lieu d'exposition dans le hall d'accueil, et la décoration revue (fauteuils, moquette, revêtements muraux, éclairages).
De plus, nous avons créé le club des amis du Balzac (1200 membres) et une newsletter (22000 inscrits).

Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu'"avoir le sens du client" ?

Je n'ai jamais considéré les 160.000 personnes qui viennent chaque année au cinéma Le Balzac comme des clients, ce sont mes convives car mon cinéma est une table ouverte, on vient y partager des choses..
Ma conviction est qu'il faut être utile et pour se différencier, faire de l'exceptionnel au quotidien.
Tout simplement, je considère qu'il faut faire ce qu'on aimerait qu'on vous fasse.
Personnellement, je suis gastronome, mélomane et passionné de cinéma, alors nous accueillons les spectateurs avec du champagne lors de certaines projections, nous mettons en place des soirées gastronomiques avec des grands chefs, des avant-premières avec des dégustations de vin (comme pour Mondovino), nous organisons plus de 100 évènements musicaux par an et en complément de nos séances traditionnelles, nous créons l’évènement en jouant l’exceptionnel ou la contre-programmation.
Il faut se faire plaisir et faire plaisir aux autres. J'aime recevoir et j'aime donner, et enfin je crois qu'il ne faut pas être égoïste !

Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ? 

Je perçois notre environnement en pleine mutation. Je pense que le lien social a besoin d'être préservé et qu'il faut trouver des solutions en s'adaptant au public, en vue d'être indispensable. Je sens que pour convaincre tous les publics, les sociétés font des efforts.
Mais je suis souvent attéré par la piètre qualité d'un simple café servi dans un troquet par exemple, ou par les plateaux repas servis dans les avions. Je milite pour le bon goût et la mise en scène, qui va avec la qualité indispensable.
Les gens ont toujours besoin de magie, de rideau qui s'ouvre, de "communion". Je pense qu'il faut savoir s'adapter aux clients et ne pas perdre son âme. Les lieux doivent s'adapter à tous les publics -dont les jeunes et leurs nouveaux écrans et téléphones-, faute de quoi on les perd à jamais !

Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ? 

Je me souviens d'un film que mon programmateur (le même depuis 31 ans) me propose en diffusion au Balzac : Nos meilleures années, un film italien de deux fois 3 heures. En plein été, nous faisons le pari de le présenter, pour lui laisser le temps de trouver son public. Quelques semaines plus tard, un vieux Monsieur italien vient me voir très ému pour m'avouer qu'il était venu voir 12 fois les 3 films. "C'est toute ma vie ce film, j'y retrouve ma famille !" me dit-il.
J'ai la chance de faire un métier passionnant qui me permet d'aller plus loin de que passer des films : nous partageons des émotions.

Note ajoutée : pendant mon entretien, deux femmes frappent aux portes du cinéma, assez mécontentes d'être venues pour rien car ayant noté quelque part un horaire de séance. Jean-Jacques Schpoliansky interrompt l'interview et va leur ouvrir. Elles défendent mordicus le fait d'avoir eu une mauvaise information. Il leur demande quelle est donc cette source d'erreur. Pendant qu'elles cherchent la preuve, il va prendre deux invitations pour leur offrir sur le champ. Quelques minutes plus tard, elles admettent leur erreur et se trouvent confuses avec leur réclamation et leurs deux billets qu'elles veulent lui rendre. "Gardez-les et revenez vite voir votre film au Balzac !" leur répond-il en conclusion.

Vous aussi découvrez ce cinéma enchanteur au 1, rue Balzac - 75008 ParisMétros :Etoile ou George V.
Laissez un commentaire et je tirerai au sort le 25 mai un gagnant qui aura une invitation pour deux personnes.

Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client (et amateurs de cinéma). Pour ceux qui cherchent un lieu de présentation ou de conférence sur le thème de l'enchantement client, vous pouvez aussi louer les lieux.

15 mai 2012

Humour et relation client dans le livre "Désolé, nous avons raté la piste !"

J'avoue avoir beaucoup ri en lisant le livre "Désolé, nous avons raté la piste !" et je voulais partager avec vous ce bon moment.
Deux journalistes de Spiegel Online ont eu la bonne idée de demander à leurs lecteurs de leur envoyer leurs meilleures histoires de voyages en avion compilées dans ce livre désopilant (aux Editions Arthaud) qui constitue un recueil de près de 200 annonces farfelues ou humoristiques du personnel de bord.
En voici quelques unes parmi mes préférées :
  • "Clap, clap, clap ! De nombreux passagers applaudissent après que l'avion a posé ses roues au sol. Le commandant se manifeste aussitôt : "Mesdames, messieurs, merci beaucoup pour vos acclamations, mais permettez-moi de vous dire que nous avons déjà réussi à atterrir ici à Toulouse il y a quelques jours."
  • Après notre atterrissage, une voix grésille dans le haut-parleur : "Le commandant, le copilote et le pilote automatique vous saluent et vous souhaitent une agréable soirée."
  • A la fin d'un vol easyjet, l'hôtesse nous adresse le message suivant : "Si vous avez apprécié le vol, nous vous remercions d'avoir voyagé avec easyjet. Dans le cas contraire, merci d'avoir voyagé avec Ryanair."
  • Notre petit avion à destination de Pise avec Air Dolomiti n'a que deux hôtesses de l'air à son bord : l'une, gaie et très aimable, et la seconde, renfrognée et d'une humeur chagrine. Il semblait y avoir de l'orage dans l'air. Puis le pilote nous fait cette annonce : "Le commandant et la moitié de l'équipage vous souhaitent un agréable vol !"
  • (...) notre avion en provenance des Canaries subit l'assaut de vents déchainés. (...) le copilote se sent obligé d'intervenir : "Mesdames, messieurs, nous avons en ce moment  un fort vent arrière, c'est poruquoi le vol est un peu houleux. Mais ce n'est pas la peine pour autant de vous cramponner à vos fauteuils...ils sont solidaires de l'avion, ils tomberont en même temps que lui."
  • Avant notre décollage depuis l'aéroport de Lille, l'hôtesse annonce dans un délicieux accent ch'ti : "Mesdames, mechieurs, in va commincher à vous moutrer les conchignes d'sécurité." Puis de souligner, sur un ton bien plus académique : "Et nous vous conseillons d'être attentifs, parce que nous, on sait déjà comment sortir d'ici !".
Humour et relation client : un mariage délicat
En cinq points, voici ce à quoi ce livre me fait penser à propos d'humour et de relation client :
  1. L'humour est délicat dans des situations difficiles. Dans les compagnies aériennes, et surtout à bord d'un avion dans lequel une partie des passagers peut faire preuve d'anxiété, il est difficile de manier l'humour. C'est ce que rappelle à la fin de ce livre Reiner Kemmler, conseiller en psychologie aéronautique, dans ses recommandations à l'attention du personnel de bord : "L'humour en avion ne doit jamais être trop ironique, ni trop intellectuel, mais se situer à un niveau simple. Sinon, ceux qui ne comprennent pas la blague croiront qu'on se moque d'eux."
  2. L'humour, une question de culture ? Il observe que dans plusieurs pays (Australie, Etats-Unis,...) les employés font davantage preuve d'humour et de fantaisie à bord. C'est donc aussi une question de culture. Il me semble, étant donné le niveau de formation des employés, j'entends par là la supposée culture générale et la propension à faire de l'humour, qu'un peu plus de fantaisie à bord serait la bienvenue en Europe comme le souligne Reiner Kemmler : "Un peu plus d'humour serait souhaitable en avion.".Quand il est bien manié, il peut désamorcer des situations délicates dans la relation client. 
  3. L'humour source d'enchantement client. L'humour et la fantaise, comme le prouvent mes récentes expériences sur easyjet (lire ce billet) et dans le TGV La Rochelle-Paris (lire cet autre billet) sont des sources d'enchantement majeures pour le client. C'est même certainement le levier le plus fort mais aussi le plus difficile à faire adopter à une personne au service des clients. L'humour crée une connivence immédiate et suppose une bonne connaissance de son interlocuteur. On pourrait même dire que l'humour en face à face est plus facile que l'humour quand on s'adresse à plusieurs personnes (c'est le cas dans les avions). Mais comment détecter le sens de l'humour en entretien d'embauche ? Comment faire des entretiens d'évaluations sur la qualité des vannes ? Comment faire des formations ? Il me semble que la seule solution consiste à favoriser les initiatives individuelles quand la culture de l'entreprise s'y prête bien entendu.
  4. De l'importance de se faire comprendre du client. Un des enseignements de ce livre pour la relation client est l'importance de la clarté de la communication, c'est à dire la capacité à transformer par exemple un jargon technique en langage compréhensible pour le client. On retrouve cet écueil dans tous les services clients à forte dimension technique (FAI, Telecom...) ou juridique (banque, assurances...). Il faut parler la langue du client. Par exemple, Air France continue d'utiliser son expression qui finit par faire rire les passagers habitués : "PNC aux portes" (capturé par des passagers sur Youtube ou bien par le SAV des émissions de Canal Plus).
  5. On ne peut pas tout dire au client. Comme le souligne le livre, on ne peut pas tout dire au client ; il est impossible de partager avec l'ensemble des passagers les évènements du cockpit. Certains pourraient effrayer les passagers et d'autres créer un comique involontaire malvenu (je me souviens d'un voyage Paris-Caen pendant lequel l'annonce faite au micro était "Merci de ne pas tenter d'ouvrir les portes. Notre train est actuellement immobilisé en pleine voie, nous venons de percuter une vache"). D'où l'utilisation de codes pour les annonces dans les supermarchés en cas de départ d'incendie ou de bagarre. D'où parfois l'utilisation du mensonge par omission pour expliquer à un client une situation...
Avez-vous des histoires drôles de client ? N'hésitez pas à les partager en commentaire de ce billet.

Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client et du marketing client.

12 mai 2012

Baromètre Services Clients 2012 : portrait d'un client exigeant

Pour la troisième année consécutive (saluons au passage cette constance, qualité rare quand on fait des études sur la relation client), American Express publie les résultats de son étude internationale visant à mieux connaître les consommateurs dans onze pays à travers le monde. On y dresse le portrait d'un client français exigeant, dans une posture qui me fait penser à l'auto-portrait de Lucian Freud ci-dessus.
Les français sont les plus exigeants
Un des enseignements est que les consommateurs français sont les plus exigeants en matière de services clients parmi les onze pays étudiés. Ils sont en effet les plus nombreux à penser que les entreprises "ne répondent pas à leurs attentes en matière de service client" (55% cette année vs 54% en 2011), suivis de l’Australie (40%), du Mexique et du Royaume Uni (39%) et de l’Allemagne (38%).
Est-ce une plus grande exigence ou une faiblesse du service rendu ?
Une véritable fracture relationnelle
Un consommateur français sur 2 (autre record pour l’hexagone) pense que les entreprises n'ont pas modifié leur attitude à l'égard du service client (50% vs 51% en 2011), ce qui représente la moyenne la plus forte de tous les marchés interrogés selon American Express.

  • Seuls 22% des français considèrent que "les entreprises ont fait un effort concernant la qualité de leur service clients", en baisse de 2 points par rapport à l'année dernière et de 9 points par rapport à 2010 où ils étaient 31%.
  • 10% des français ont le sentiment que les entreprises apprécient le fait qu'ils soient clients et qu'elles sont prêtes à faire un effort pour eux (résultat quasi identique à 2011).
  • 44% pensent que les entreprises sont serviables mais ne font rien de plus pour les garder (résultat idem à 2011).
  • 21% pensent que les entreprises les considèrent comme acquis et une même proportion pensent que les entreprises ne leur prêtent pas attention.

Ces résultats calamiteux montrent que nous autres français sommes très sévères à l'égard des entreprises, ce qui pourrait faire penser à une véritable fracture relationnelle, exprimée par la persistance d'une défiance ou d'un désamour entre les clients et les entreprises. C'est que l'étude Nexstage avait qualifié de Jachère relationnelle (lire mon billet à ce sujet) ; les clients ne se sentent pas considérés et prennent de la distance avec les marques et les entreprises qui faillissent dans le domaine du service (lire mon billet de tendances 2012).
La valeur du service client est (pourtant) reconnue
Une majorité de français (57%) sont prêts à payer 9% de plus en moyenne pour un excellent service client rendu. 36% sont prêts à payer 5% de plus, 15% sont prêts à payer 10% de plus et 6% prêts à débourser 20% ou plus de supplément pour avoir un excellent service client. Seuls 26% ne sont pas prêts à payer plus et les 17% restant ne savent pas. C'est une preuve que les clients accordent de la valeur au service ! C'est aussi un encouragement pour les entreprises qui voudraient se distinguer par leur service sans tomber dans le piège de la surenchère du "toujours plus".
Les millions d'euros du bouche-à-oreille
Pour mettre à jour mes chiffres essentiels du bouche-à-oreille (lire mon billet à ce sujet), on apprend que 39% des français font part systématiquement de leur bonne expérience à d'autres personnes (en moyenne 8) et 60% font part systématiquement de leur mauvaise expérience à d'autres personnes (15 en moyenne). Notez que dans les deux cas, il n'y a que moins de 10% des français qui n'en parlent que "rarement" ou "jamais". Pour ceux qui pensent que le service client n'apporte rien à la construction d'une image de marque, je les laisse imaginer les dégâts causés par le bouche-à-oreille. Pour ceux qui se battent chaque jour pour répondre aux questions sur le ROI (retour sur investissement) d'un service client, qu'ils prennent ces chiffres pour leur calcul !
Autre chiffre issu de l'étude American Express : 42% des répondants français ayant l'intention de faire un achat déclarent n'avoir pas finalisé cette transaction commerciale en raison d’un mauvais service client (vs 44% des italiens, 52% des allemands et 54% des anglais, ce qui peut faire penser que les français sont moins rancuniers...).
Faisons l'exercice d'un calcul simple et rapide ensemble : vous avez 1 million de clients qui font en moyenne 80 euros d'achats par an. 10% de vos clients se déclarent très insatisfaits du service client. 60% d'entre eux (60.000) vont en parler à coup sûr à 15 personnes, soit 900.000 personnes touchées. 
42% de ces personnes pourraient ne pas faire d'achat chez vous (42% de 900.000 multiplié par 80 euros, soit 30 millions d'euros de CA potentiel perdu).
Sachant que le bouche-à-oreille est plus puissant que la publicité, combien de spots TV vous faudra-t-il pour redresser la barre et générer 30 millions d'euros de chiffre d'affaires ? Serait-ce plus rentable d'investir dans le service client que de faire une campagne de publicité de plus ?
Pour compléter le calcul ci-dessus, il conviendrait d'ajouter que 44% des français déclarent avoir dépensé plus avec une entreprise en raison d'une bonne expérience du service client (vs 47% en 2011).
L'usage minoritaire des médias sociaux
Seuls 10% des français auraient utilisé les médias sociaux pour un sujet relatif au service client, et parmi eux 40% déclarent l'avoir fait "pour trouver une réponse" à un problème (première raison de l'usage). Les clients voient dans les médias sociaux (forums, réseaux, sites d'avis...) un bon moyen d'être autonome et de se passer des canaux traditionnels. On peut parier que cette tendance sera à la hausse. Le défi pour les entreprises étant d'offrir aux clients des moyens d'échanger entre eux, et si possible au sein d'espaces hébergés par la marque elle-même.
Les canaux de préférence selon la complexité de la demande
Les clients ne sont pas égaux dans la relation client. Ils n'ont pas les mêmes capacités, il n'ont pas la même valeur et enfin leur requête n'a pas le même degré de complexité. J'ai le sentiment que ces dimensions peinent à être prises en considération dans les entreprises qui ont une forte dimension de service (assurances, banques, telecom, Internet...). Encore aujourd'hui, on fait du service client de masse en traitant tout le monde de la même façon sur le même canal, alors que les préférences sont différentes. Jugez-en plutôt avec ces chiffres :
Pour une demande simple (trouver un produit, vérifier son compte) :
  1. Site Internet ou email (34%)
  2. Téléphone avec une personne (20%)
  3. Face à face (15%)
Pour une demande plus complexe (renvoyer un produit, bénéficier d'une assistance pour un problème)
  1. Téléphone avec une personne (41%)
  2. Site Internet ou email (20%)
  3. Face à face (15%)
Pour un sujet "difficile" (faire une réclamation, contester des frais)
  1. Face à face (37%)
  2. Téléphone avec une personne (29%)
  3. Site Internet ou email (13%)
Dans les trois cas, on trouve à chaque fois en 4ème position (à moins de 9%) le Chat et la messagerie instantanée, en 5ème position le Serveur vocal interactif (à moins de 9%)  en 6ème position le SMS (à moins de 7%).
Cette étude nous montre à quel point le service client est un élément de différenciation essentiel des entreprises. La situation française semble d'autant plus difficile que les clients y sont exigeants et se déclarent peu considérés. Le chemin semble encore bien long en 2012...

Vous pouvez en complément relire mon billet de l'année passée sur l'étude.

Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client et du marketing client.

05 mai 2012

IRRITANT : les signatures et slogans qui tuent la relation client

Alors qu'on ne cesse de parler d'attentes des clients qui augmentent, que la défiance est une posture à priori des consommateurs, certaines marques ne cessent dans leurs discours publicitaires de faire monter ce niveau d'attente par leurs promesses et signatures de marque.
Je pensais il y a quelques années en écrivant un billet drolatique sur les sujet des slogans publicitaires que cette tendance mortelle pour les marques et les clients était passagère. Que nenni cher lecteur !
C'est donc le moment de remettre à jour ma liste de slogans contenant "tellement plus que" ou "bien plus que".
Je ne reviendrai pas sur la tragique destinée de SeaFrance dont le slogan était "bien plus que traverser la Manche", tragique promesse d'une société qui n'existe plus...
IKEA "bien plus qu'un marchand de meubles" ou TISSOT "bien plus qu'une montre" ont, depuis mon dernier billet à ce sujet, abandonné leur slogan (au profit de "innovateurs par tradition" pour Tissot). Idem pour "Beghin Say, bien plus que du sucre" est devenu "un peu de sucre, beaucoup d'idées" (vous noterez la chute de volume entre "bien plus" et "un peu" et la posture plus modeste mais plus signifiante)."Antargaz, bien plus que de l'énergie" est devenu "Antargaz, le choix naturel". "Telemarket, tellement plus que vos courses" est devenu "le e-supermarché des nouveaux commerçants", basico-basique.
En revanche, "La banque postale, bien plus qu'une banque" a gardé sa signature, et "Europcar, vous louez plus qu'une voiture" a conservé son slogan.

Parmi les nouveaux entrants dans ce panthéon des slogans, mon préféré est celui des pommes Pink Lady. Alors que notre société de grande consommation nous apporte désormais des produits naturels, non manufacturés tels que des fruits ou des légumes, avec une marque, la marque de pommes Pink lady s'affiche dans les grands médias avec un slogan iréel : "Pink lady, tellement plus qu'une pomme" (en illustration de ce billet) qui me laisse sans voix.
Chiquita, bien plus que des bananes 
Restons dans le rayon primeur avec Chiquita. On sent ici la volonté de valoriser une gamme plus large, mais le postulat de départ ("ma marque est suffisamment connue et les gens pensent qu'on ne fait que des bananes") est trop faible.


Ford Focus, bien plus qu'une voiture
Ford (dont le slogan "feel the difference" me fait aussi sourire) lance sa nouvelle voiture Focus avec cette promesse qui se veut différentiante mais qui est juste inodore sur un marché mature et...embouteillé.




ASUS Eee Pad Bien plus qu'une tablette tactile
et
MOTOROLA XOOM Bien plus qu'une simple tablette
Que dire dans un marché naissant -dont Apple est le roi avec son iPad- des slogans des challengers Motorola et Asus qui n'ont rien trouvé de mieux pour émerger que de s'aligner sur des slogans qui ne nous disent rien de plus que "bien plus".
Carte Simply market Happy, bien plus qu'une carte de fidélité.
Dans le domaine des services et de la distribution, Simply Market, l'enseigne apparue en 2005 pour remplacer ATAC, s'est elle aussi alignée sur un slogan qui promet beaucoup plus. On lira à propos de cartes de fidélité l'étude réalisée à l'occasion de la Saint Fidèle que la majorité des français ne sont globalement pas satisfaits des programmes de fidélité. Une belle illustration du fait qu'il y a un écart entre les promesses et les preuves que Simply Market ne comblera pas avec son slogan.

Les exemples ne manquent pas, tels que "l'Aquarium de Paris, bien plus qu'un aquarium", ou "NIKE sportswear, bien plus que du sport" ; ils sont nombreux et recensés par deux blogs Bien plus qu'un blog et Morethana qui en font leur miel. J'invite tous les publicitaires sans idées à consulter le site Souslelogo, dont la propre signature est pour le coup très bonne : "réfléchissez avant de signer"

L'Or de Maison du café, bien plus qu'un espresso.
La palme de l'aveuglement (ou de l'ambush marketing comme me le signale un lecteur qui a noté que L'Or écrit espresso -comme les italiens et comme Nespresso- et non pas expresso avec un x à la française) revient pour moi cette année à L'Or avec son slogan destiné à vendre ses capsules et rivaliser avec Nespresso. Ils développent un produit destiné aux machines Nespresso, empruntent les codes des cafés haut de gamme et, cerise sur le gâteau, ils signent leur campagne "bien plus qu'un espresso". Comment pensent-ils se différencier d'une marque aussi forte que Nespresso avec un slogan pareil ? Relisez mon billet à propos de Nespresso pour mesurer le chemin à parcourir par La Maison du café pour prétendre rivaliser avec ce category killer qu'est Nespresso.

Si je consacre des billets à propos de slogans sur mon blog, qui traite de la relation client et du marketing client, c'est que j'ai toujours considéré que l'orientation client ne se cantonne pas à des process de relation client ou des réflexions stratégiques internes. L'orientation client, le sens du client, c'est d'abord aligner une entreprise entière (ses hommes et ses moyens) vers un public déterminé.
Qu'est-ce que le client comprend en lisant tous ces slogans ?
Il peut sourire à propos de pommes et de bananes, mais il peut placer son niveau d'exigence un cran au dessus de ce que l'entreprise peut réellement apporter.
Résultat de ces promesses sans preuves : déception, frustration ou indifférence.
Cette collection de signatures absurdes et vides de sens pour la plupart ne sont qu'une ridicule surenchère de communication.
Ces marques souffrent certainement d'une absence de clarté de positionnement, et plutôt que de faire passer un message empreint des valeurs de la marque, ne feront que susciter l'indifférence. C'est cette indifférence contre laquelle tous les marketers du monde doivent se battre tous les jours, faute de quoi, les concurrents plus modestes ou plus malins émergeront avec une personnalité forte exprimée par des mots vrais et cohérents.

Relisez mes billets précédents sur le sujet : en 2008, en 2007 et en 2006.

Billet de la catégorie Irritant écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client et du marketing client.

01 mai 2012

Numéro spécial de l'Express sur les Services clients

Sortie à l'occasion du Salon Stratégie Clients 2012, cette édition spéciale du magazine L'Express concoctée par Manuel Jacquinet et le magazine En-contact est une réussite. Elle correspond bien à l'ambition de son concepteur qui est de rendre plus visible la relation client et plus sensible les enjeux de cette profession auprès du grand public (son film Opération 118 318 sévices clients en était une illustration).
Saluons cette initiative qui a le bon goût, qui plus est, d'être 100% disponible en ligne gratuitement (en suivant ce lien).
Armelle Balenceu de Direct Energie fait la couverture de ce numéro spécial de L'Express de 60 pages dont je vous propose un aperçu :
  • Un article de Manuel Jacquinet revient sur l'étude Net Promoter Satmetrix et les principales raisons de quitter une marque :
  1. mauvaise qualité du produit ou du service 25% (vs 22 en 2011)
  2. Prix non justifié 17% (égal à 2011)
  3. Mauvaise attitude des représentants de la marque 13% (vs 14%)
  4. Impossibilité d'accéder à quelqu'un pour résoudre mon problème 12% (vs 13%)
  5. Traitement différencié entre les nouveaux et les clients existants 10% (vs 9%)
  • Il ajoute -toujours selon cette étude- que 40% des personnes ayant quitté leur fournisseur l'ont dénigré auprès de leur entourage (un chiffre à ajouter à mes chiffres clés du bouche-à-oreille) et que 
  • 12 millions de consommateurs français auraient changé de fournisseurs dans des secteurs clés au cours des six derniers mois.
  • On y découvre les 12 idées reçues sur le service client, des histoires "rigolotes et édifiantes" de services clients, des témoignages de clients ainsi qu'une très bonne interview de Marie Benedetto-Meyer, sociologue, qui déclare "Je crois que le modèle qui prévaut aujourd'hui est encore celui d'une gestion "industrialisée" de la relation client. Le traitement différencié de plus en plus complexe de la clientèle qui se fonde sur des segmentations de plus en plus fines, n'a pas pour autant, réintroduit une "vraie" personnalisation dans la relation. Aujourd'hui, ce n'est pas le client qui est au coeur de l’organisation, ce sont les données clients et ce n'est pas tout à fait la même chose !"
  • Cette édition spéciale consacre de larges pages à un dossier intitulé "plongée au coeur d'une industrie mondialisée" dans lequel on apprend qu'on emploie 273.000 personnes en France dans les centres d'appels, 35.000 au Maroc, 12.000 en Tunisie et 8.000 à l'Ile Maurice. Les américains délocalisent leurs appels au Mexique, en Colombie, en Argentine, en Inde et aux Philippines (passé numéro 1 mondial devant l'Inde). 
  • Ce numéro spécial offre quelques bons exemples d'expérience client venus d'outre-Atlantique (Starbucks et l'implication de ses baristas, L.L.Bean et ses téléconseillers à domicile, la banque USAA et ses innovations, Four Seasons Hotels et sa politique de formation, Publix Super Markets et ses réapprovisionnements, Ace Hardware et son programme de clients mystères, Lexus qui permet aux clients de prendre rendez-vous en ligne et choisir leurs conseillers clientèle, Barnes and Noble et son centre d'appels internalisé). Exemples détaillés à lire dans cet article.
  • A lire également un article sur les prix dans le domaine de la relation client (un de mes sujets favoris avec le Prix des prix) et une citation du directeur général de Bouygues Telecom, Olivier Roussat à ce sujet : "Je participe à ces évènements depuis des années, surtout pour motiver mes équipes".
  • On ne manquera pas quelques articles sur les centres d'appels : "quand la politique s'en mêle" (enjeux poltiques et initiatives telles que le label de responsabilité sociale et la création de la Mission nationale de la relation client), l'installation d'un centre d'appels dans l'Eure, et un article sur le Homeshoring, "quand les centres d'appels relocalisent... vers le domicile des agents".
  • Vous trouverez également un rappel des textes de Loi, un annuaire des médiateurs et des associations ainsi que la "bibliothèque idéale".
Cette publication est bien une preuve de plus que la relation client sort de son cadre habituel des professionnels de la profession et devient un enjeu pour de plus en plus de citoyens consommateurs et d'entreprises.

Si vous désirez recevoir un exemplaire papier de cette publication, j'en offre à deux lecteurs laissant un commentaire à la suite de ce billet. Tirage au sort le 8 mai prochain.

Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client et du marketing client.

28 avril 2012

Le troisième magazine de l'Association Française de la Relation Client

L'Association Française de la Relation Client (AFRC) vient de publier le troisième numéro de son magazine.
Jérôme Menesguen (Avenue RH), Emmanuel Richard (Activeo) et moi avons répondu à la proposition d'Eric Dadian, le Président de l'AFRC, de constituer le comité de rédaction.
En 72 pages, l'AFRC présente un contenu sur le thème de l'expérience du client dont je vous propose ici un florilège :

  • En guise d'introduction, Christophe Benavent, Professeur à l'Université de Paris Ouest, développe en profondeur ce thème et conclut par "Penser l'expérience du consommateur n'est pas penser à sa satisfaction et à ses remerciements émus, c'est simplement faire en sorte qu'il se sente grandi et à la prochaine occasion de consommer que son plaisir soit plus intense et son effort plus léger". Retrouvez une partie de cet article sur son blog technlogies du marketing.
  • Arnaud Félix de l'AFNOR, dans la partie prospective du magazine, rappelle que la Norme Européenne NF EN 15838 "exigences relatives à la délivrance du service d'un Centre de Contact Clients" de 2009 et la certification NF Service Relation client ont évolué avec l'intégration de la notion de responsabilité sociale dans un chapitre consacré aux conseillers clients. Une avancée qui montre à nouveau l'importance de la symétrie des attentions. Ce concept ("les collaborateurs heureux font les clients heureux"), que je juge central dans la relation client, est illustré dans d'autres articles par Xavier Querat Hement de la Poste et Alain Angerame de Bouygues Telecom (Directeur de la relation client de l'année).
  • Pascal Rialland, Directeur Général de Virgin France (500 conseillers pour Virgin Mobile dans 5 centres externalisés, 2 millions d'appels, 300.000 emails et 150.000 courriers par an) rappelle ses initiatives en termes de "home shoring" (travail à domicile) et illustre ce que je considère comme un des plus beaux exemples français de "branded service" avec l'absence de scripts imposés et le fait que ses conseillers appellent les clients par leur prénom, lire mon billet à ce sujet.
  • Yan Clayessen, Vice Président de la délégation Customer Marketing de l'AACC, est le représentant de l'association invitée par l'AFRC dans ce numéro. Il s'exprime dans les colonnes de l'AFRC mag : "Plus que jamais, la qualité de la relation entre la marque et ses consommateurs devient un pilier fondamental de l'image même de la marque : une marque qui ne reconnait pas ses clients, qui ne sait pas les écouter, qui ne cherche pas à les étonner ou à les engager dans une relation durable qui a du sens, perdra toute capacité à séduire et à fidéliser des consommateurs.
  • La DGCCRF rappelle ses chiffres essentiels : 92.253 réclamations reçues en 2010, et autant d'appels. Les réclamations du secteur de la téléphonie (en deuxième position dans les secteurs) ont diminué de moitié entre 2008 et 2010. Le premier semestre 2011 a vu néanmoins une nouvelle augmentation due aux problèmes d'absence de prise en compte de résiliation, et à la contestation du montant de la facture (deux premiers motifs qui pèsent à eux seuls la moitié de l'ensemble du secteur). Je pense que le secteur de la téléphonie a toujours cristallisé les irritants de la relation client en France ; à son développement effréné et au recrutement de masse, succèdent les efforts de fidélisation désormais (du fait de la concurrence forte et de l'arrivée de Free). Je fais le pari que la relation client ne cessera de s'améliorer dans les années à venir.
  • RANDSTAD présente les résultats de son baromètre social de la relation client 2011 mené auprès des intérimaires travaillant dans la relation client (à télécharger ici). On y découvre qu'il existe encore un décalage entre "insourceurs" et "outsourceurs", surtout sur l'item "conditions de travail", notées 7,5 pour les premiers et 5,9 pour les seconds. La meilleure note étant égale pour les deux : 8,3 sur 10 pour les relations avec les collègues de travail. Même si on note une légère amélioration des critères dans le détail, la note de satisfaction globale des intérimaires n'a jamais été si mauvaise depuis 2007. Ces chiffres apportent encore de l'eau à mon moulin sur les nécessaires investissements dans le capital humain, chez soi ou chez son prestataire, seules garanties d'une amélioration du capital client !
Bien d'autres articles constituent cette revue et vous aurez l'occasion de la lire si vous êtes membre de l'AFRC ou bien si vous laissez un commentaire sur ce blog. J'enverrai un exemplaires à deux personnes tirées au sort parmi les auteurs des commentaires à la suite de ce billet. Vous avez jusqu'au 6 mai pour vous exprimer ! N'hésitez pas à proposer des thèmes que vous voudriez voir traités dans le prochain numéro d'octobre 2012 car nous commençons à y travailler.
Le magazine de l'AFRC sera par ailleurs bientôt disponible en téléchargement gratuit sur le site de l'association.

Biellet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client et du marketing client.

24 avril 2012

Cartes de fidélité : les clients prêts à la dématérialisation

24 avril, Saint Fidèle : le jour que nous avons choisi, Christian Barbaray, Christophe Benavent, Nathalie Rémi Beaucé et moi pour présenter les résultats d'une étude inédite sur les français et leur carte de fidélité. L'étude réalisée par INIT est présentée sur le blog Journéedelafidélité.com



Le point de bascule. 

Les deux chiffres qui me font dire que cette étude marque un point de bascule à propos de la "fidélité digitale".
  • Le taux d’équipement (déclaré par les répondants) en téléphone connecté à Internet est désormais de 50% parmi les possesseurs de téléphone mobile, ouvrant la voie à de nouveaux usages de masse dans le domaine de la consommation (cf mon billet de tendances "le client sera doigt").. 
  • Le téléphone type smartphone atteint également la barre symbolique des 50% des opinions comme support futur des programmes de la fidélité : 2012 sera donc l’année où la moitié de la population en est convaincue.
Un nouveau concept adopté
Pour la population équipée de smartphone (50% des téléphones) et n’ayant pas encore téléchargé une application spécifique, le passage à la dématérialisation est en bonne voie. Le concept est jugé attractif, il est accepté par la majorité des personnes interrogées au 2/3.
Sur la population entière, 63% se sent prête à utiliser des programmes de fidélisation sur téléphone mobile. Bonne nouvelle pour les acteurs de cette filière, à condition bien sûr que les bénéfices soient réels et bien expliqués. C’est la fin annoncée des cartes plastiques !

Notoriété naissante pour les possibilités de dématérialisation. 
Un peu plus de 1 français sur 10 déclare connaître les programmes de fidélisation «dématérialisés», illustrant l’usage récent et la notoriété naissante de cette possibilité. En citation spontanée, seuls Carrefour, Fidme, Leclerc et Fidall émergent du lot. Le reste des citations -mêlant enseignes, marques et opérateurs- montre une très faible pénétration des programmes de fidélisation virtuels.

Usage réel de la dématérialisation
15 % des personnes équipées de Smartphone, soit 7 % de la population totale, a déjà téléchargé un programme de fidélisation dématérialisé sur son téléphone.

Le choix entre carte plastique et téléphone mobile
Entre les deux solutions, le choix du plastique tire encore la moitié de la population, mais le mobile peut compter sur un quart de conquis et une même proportion de futurs adopteurs. L’offre va petit à petit modifier le paysage, la technologie va faire sa place dans ce nouveau marché !

Les qualités reconnues au téléphone et l'inertie d’usage 
Incontestablement qualifié de « moderne » et d'« innovant », le téléphone l’emporte sur toutes les qualités reconnues si on ajoute les répondants indifférents à l’un ou l’autre des supports. L’envie d’usage reste cependant légèrement minoritaire (49 %). Là aussi le poids des habitudes reste fort et profite aux cartes plastiques. Le support physique l’emporte pour la sécurité et l’aspect pratique et révèle les deux freins exprimés. La carte plastique est moins encombrante, elle ne tombe pas en panne et elle ne dépend pas d'un réseau.

Programme de fidélité sur téléphone mobile : trois sentiments
Dans l'étude, on distingue trois sentiments ou expressions face à la dématérialisation : la prudence qui guide les utilisateurs, les craintes qu'ils expriment (peur d'être trop sollicités, trop dérangés, crainte d'une trop grande intrusion) et l'attraction que suscite ce nouveau sésame (parmi les bénéfices citons "profiter de bons plans", bénéficier "des promotions", des "ventes flash", et avoir des "infos personnalisées").
Un travail de réassurance est encore nécessaire. Il pourra permettre que les avantages perçus soient supérieurs aux craintes exprimées, condition essentielle de l'adoption.

Usage des cartes de fidélité

On retiendra que 96 % de la population déclare avoir une carte de fidélité. Chaque français en compte spontanément plus de 5 à son nom. Ils sont 81% à l'utiliser dont 43% avec une forte fréquence. 19% des personnes interrogées n’utilisent pas leurs cartes de fidélité.
Les oublis (d’usage lors de l’achat ou du document preuve de l’avantage) font que dans les 2/3 des cas les cartes de fidélité n’atteignent pas leur objectif ! Les délais sont une autre raison de faible utilisation, sensiblement dans les mêmes proportions. Au delà du facteur temps, leur faible attractivité décourage près de la moitié des détenteurs.

Pas de sentiment d'être privilégié pour la moitié des clients.
Tout comme l’an dernier, nous constatons que près de la moitié des clients ne se sentent pas privilégiés en tant qu’adhérent d’un programme ; ce programme -matérialisé principalement par une carte- est considéré comme un du. Ils n'y retrouvent pas de reconnaissance. En se diffusant et se généralisant, les programmes de fidélisation ont certainement perdu de leur statut différenciant.Si l'on prend l'exemple de l'anniversaire du client qui est l'un de mes sujets symboliques favoris, on comprend en lisant mes billets que les programmes de fidélisation ne sont pas exploités.

Retrouvez les résultats complets téléchargeables sur le blog Journéedelafidelité.com

Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client et du marketing client.

21 avril 2012

Ce que veulent VRAIMENT les consommateurs

Je m'interroge souvent sur les aspirations des "clients", et je me disais, à la lecture de l'étude réalisée par Testntrust à propos des mesures plébiscitées dans le domaine de la consommation, que la majorité de nos compatriotes ont toujours en tête un certain nombre d'attentes de base qu'on a tendance à oublier.

Les politiques ne semblent pas s'y intéresser
A quelques semaines de l'élection présidentielle, Testntrust, le site d'avis consommateurs, a envoyé à tous les candidats les résultats de cette étude en leur demandant (par courrier recommandé) d'en faire des commentaires et de nous éclairer à propos de leur programme sur ces sujets.
Seuls 4 candidats ont répondu.
François Hollande, Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen et François Bayrou (pour ne citer que les premiers dans les sondages) n'ont pas trouvé le temps de faire un commentaire sur l'étude publiée le 15 mars à l'occasion de la Journée internationale des droits du consommateur, célébration dont tout le monde se contrefiche (malheureusement) en France d'ailleurs...
Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou et Nicolas Dupont Aignan ont répondu et en ont profité pour détailler leur programme. 3 candidats d'extrême gauche sur 4 répondants, comme si les sujets de consommation n'intéressaient que l'extrême gauche ! Je n'ai pas le souvenir d'un grand débat sur le sujet pendant la campagne ni d'annonce sur le sujet.

Les 5 mesures prioritaires
Observons les résultats et les 5 premières mesures plébiscitées, jugées prioritaires :
  1. Régulation des prix sur certaines catégories de produits et services de première nécessité
  2. Limitation des frais (location, achat) pour l'accès au logement
  3. Favoriser les produits Made in France
  4. Gratuité pour la carte bancaire
  5. Régulation des coûts imputés par les banques sur les découverts
Ce sont des considérations de crise ! Entre le prix des produits et services de première nécessité, le logement, les frais bancaires et les produits Made In France, les français pensent bien sûr d'abord à leur portefeuille et à leur emploi. Rien d'étonnant finalement.

Les 25 autres mesures dans le domaine de la consommation
Parmi les mesures suivantes (en dehors des cinq premières citées plus haut), voici celles qui recueillent plus de 50% à la question "c'est important et cela devrait être prioritaire". Le chiffre est indiqué entre parenthèses.
  • Réduction du coût des appels aux services clients et hotlines (72%). Une position très importante pour cette mesure qui montre à quel point les clients sont sensibles au coût du service.
  • Amélioration de l’étiquettage sur les produits alimentaires (transparence des informations) (70%) Un chiffre qui montre que les consommateurs attendent une plus grande transparence sur les produits. Autre signe de défiance face aux nombreuses crises et rappels de produits de ces dernières années ? Les règles européennes obligeront dans les années qui viennent les producteurs à une meilleure information (lire cet article à ce sujet).
  • Accès à internet sur tout le territoire (66%). Un score très haut pour cette mesure qui prouve qu'Internet est entré dans le quotidien des consommateurs. A quand Internet gratuit pour tous et partout ? 
  • Imposer l’accord préalable du consommateur pour le démarchage téléphonique (59%) Un résultat très important qui prouve que l'initiative de Pacitel tombe à point nommé.
  • Obliger les distributeurs à vendre une part de produits locaux (53%) Dans la même veine que les produits Made in France, les consommateurs plébiscitent le bon sens pour la défense des emplois et l'environnement. C'est du reste devenu un axe de communication de certains distributeurs (comme U ou Leclerc).
  • Service minimum instauré dans les transports (51%) Sujet sensible -et irritant de nombreux passagers- qui recueille une majorité des suffrages.
  • Développer les services administratifs via Internet (Caf, assurance maladie,...) (51%) Le bénéfice d'Internet pour les services publics est bien compris des consommateurs. (Lire mon billet à ce sujet).
Et enfin les mesures qui reccueillent moins de 50% à la question "c'est important et cela devrait être prioritaire".
  • Réduire la diffusion de publicités papier imprimées (48%), un résultat qui confirme ma tendance 2012 "le client sera moins" (moins de papier, de plastique...).
  • Faciliter l’accès aux données comparatives des complémentaires santé (41%)
  • Supprimer les enquêtes de santé pour des prêts bancaires (41%)
  • Davantage de taxis et transports en commun (40%) Conséquence de la hausse de l'essence ? Volonté d'être plus respectueux de l'environnement ? Une mesure en bonne place dans le classement.
  • Plus de toilettes dans les lieux publics (40%)
  • Payer le traitement des déchets en fonction de ce que l’on jette (36%)
  • Créer davantage de médiateurs auprès des consommateurs (cf.médiateur de la république) (34%)
  • Favoriser les téléchargements légaux de contenus par des prix adaptés. (34%) Un français sur trois sensible à ce sujet sur lequel les grandes entreprises et les politiques tardent à prendre des mesures de bon sens.
  • Augmenter la durée de rétractation à la suite d’un achat (33%)
  • Généraliser les bonus/malus écologiques pour tous les produits (32%)
  • Possibilité de changer de banque tout en gardant ses numéros de comptes (portabilité du compte) (30%) Une mesure qui permettrait aux banques de gagner en confiance vis-à-vis de leur client et faire décoller le taux de churn français le plus bas d'Europe (lire mon billet).
  • Faciliter l’accès aux voitures électriques en libre service (29%)
  • Développer les actions collectives (actions de groupes, « class action ») de consommateurs (28%) Un faible chiffre, l'arlésienne pour les dirigeants du pays depuis des années en France.
  • Supprimer le minimum de paiement par carte bancaire (27%) Lire mon billet à ce sujet.
  • Développer l’identité numérique personnelle (identification certifiée des internautes) (27%) Un français sur quatre sensible à ce sujet qui pour moi est capital, notamment pour la fiabilité des avis de consommateurs (dont une norme NF est en cours de réalisation, à l'initiative de Testntrust).
  • Donner un accès unique aux informations détenues par toutes les marques sur les clients (24%) Autre sujet sensible qui prouve que un français sur 4 s'inquiète de ses données.
  • Ouverture des magasins le dimanche sans conditions (17%) Un sujet qui passionne les politiques et auquel les consommateurs (en comparaison d'autres mesures) ne semblent pas si sensibles.
  • Accélérer le développement du paiement sans contact (NFC) (11%) Dernier chiffre qui montre que la technique n'est pas encore entrée dans les moeurs et que sa notoriété est naissante.
Nous autres marketers devons nous rappeler sans cesse que les consommateurs -nos clients- ont en tête dans leur quotidien des priorités très basiques dont les bénéfices attendus sont immédiats et touchent leur portefeuille principalement.

L'étude a été réalisée par Easypanel pour Testntrust auprès d'un échantillon de 1004 personnes au mois de février dernier. En voici la présentation synthétique :
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client et du marketing client.

16 avril 2012

Open to dialog : un label pour valoriser l’accessibilité et la réactivité

Le label "Open to dialog", créé par Teletech International, valorise les entreprises ouvertes au dialogue avec leurs clients. Emmanuel Mignot (en photo en illustration de ce billet) en est le créateur. PDG de Teletech International, c'est un homme qui défend une "relation client engagée", un homme de conviction, un entrepreneur qui n'a pas peur de la confrontation d'idées (comme dans le comptoir des blogueurs qui s'est tenu pendant le salon Stratégie Clients -dont c'est l'animateur- où nous n'avons pas toujours été d'accord sur tout, lire le compte rendu ici, et voir les anciens ).

En guise d'introduction, citons une étude de CCM benchmark group d'octobre 2011, qui montre le lien entre la croissance des échanges et celle du e-commerçant : lorsqu’un site réalise une croissance de son chiffre d’affaires de 10%, le nombre d’interactions progresse quant à lui en moyenne de 20%.

Teletech International, a donc évalué, pour la cinquième année consécutive (lire mon billet 2011 "le téléphone pleure"), l’accessibilité et la réactivité des services client de 494 sites marchands répertoriés à la FEVAD et à l’EBG. Cet "audit" a permis de dresser un Baromètre sur ces 3 critères :
- la visibilité du contact du service client sur le site Internet : affichage d’un ou plusieurs numéros de téléphone (surtaxés ou non) et d’une adresse email ou d’un formulaire de contacts
- la joignabilité du service client : trois tentatives d’appels étalées sur une semaine (matin, midi et soir)
- le délai de réponse au mail envoyé.

Les principaux enseignements de l'audit :
  • Tous secteurs confondus, le Baromètre Open to Dialog met en lumière la priorité donnée à l’e-mail vs le contact téléphonique. Seuls 64% des sites marchands étudiés ont un numéro de téléphone visible (dont 47% affichent un numéro surtaxé) et sur cette proportion, 22% sont joignables (vs 7% en 2010). 
  • Paradoxalement, l’étude 2011 met en évidence la diminution du nombre des adresses email de contact. 76% des sites marchands affichent un email en 2011 alors qu’ils étaient 85% l’an passé. 
  • Les résultats liés au délai de réponse personnalisée rapide (moins d’une heure) s’améliorent : de 21% en 2010 à 37% cette année. 
Cette année 58 entreprises sont éligibles au Label sur 494 étudiées, les 5 meilleurs étant de petites entreprises qui ont fait le choix de la totale accessibilité (une bonne façon de se démarquer) :
  1.  Orchestra.fr
  2.  LaBelleIloise.fr
  3.  Elegance-paris.fr
  4.  Galeriemedicale.com
  5.  Idbuffets.com
Teletech a donc choisi de valoriser un des aspects de la relation client, celui du contact humain. Il ne fait aucun doute dans mon esprit que communiquer ouvertement sur des canaux de contact offerts au client est susceptible de renforcer la confiance que les clients peuvent avoir dans les commerçants en ligne.
Rappelons que pour Zappos (vendeur à distance américain qui se distingue par sa relation client exceptionnelle), un des 10 moyens de faire adopter le service au client dans votre société est : "Ne cachez pas votre numéro d'appel gratuit. C'est un message aussi bien à destination des clients que des employés."

Il ne fait aucun doute que la relation client est devenue un élément différenciateur pour les entreprises, et plus particulièrement celles qui opèrent sur de nombreux canaux. Sur Internet, la relation client s'est enrichie de nouvelles techniques de "self care", telles que les agents virtuels conversationnels (lire mon billet à propos de Miss Client/Mister client), les FAQ dynamiques ou les espaces d'entraide entre clients, au détriment des canaux traditionnels opérés par des employés (courrier papier, téléphone...).
Certaines entreprises ont adopté ces nouveaux canaux pour de mauvaises raisons, la principale étant de réduire les coûts et faire des économies de personnel, sans répercuter ces économies sur le client (c'est ce qui me faisait écrire dans un billet de tendances : "le client sera seul").

Cette tendance fait dire à Emmanuel Mignot, lorsqu'il évoque la question du self-care : "Certaines entreprises ont misé sur le self-care, qui aurait vu le consommateur tenter de s'auto-dépanner, avec des résultats plus ou moins concluants. On perçoit déjà dans certains secteurs un retour de tendance à réintégrer plus d'humain dans le relationnel, mais le chemin reste long pour beaucoup".

L'avenir est aux solutions mixtes

Si j'en crois l'étude de Nexstage commanditée par l'AFRC et Orange Business service, l'avenir est aux solutions mixtes, et on ne peut pas opposer self-care et canaux avec relation humaine (lire mon billet de tendances "le client sera rebonds") :
  • Le premier outil de relation client du futur plébiscité par les clients (avec 77% d'agrément) est "parler à un conseiller quand je ne comprends pas quelques chose sur Internet (je laisse mon numéro de téléphone, on me rappelle immédiatement)".
J'ajoute, selon une étude de Teletech menée auprès des mobinautes détenteurs de smartphone (désormais la moitié d'entre eux) :
  • 83% souhaitent pouvoir accéder pendant leur surf à une assistance téléphonique.
  • 53% jugent difficile ou très difficile de joindre un conseilleur sur un site marchand pour obtenir une information avant d'acheter.
On lira avec attention l'excellent livre "The Best service is no service" (lire mon billet à ce sujet), écrit par le Vice Président d'Amazon.com leader mondial de l'e-commerce. Il y valorise une orientation client qui pourrait se passer de service client. Ce point de vue iconoclaste se défend à la seule condition de délivrer un service d'excellence qui satisfait le client au point qu'il n'ait -presque- pas besoin d'avoir recours au service client.
Comme pour donner raison à Emmanuel Mignot, j'ai eu un problème avec Amazon hier qui m'indiquait qu'il valait mieux que je les appelle pour mon problème personnel.
Et dans leur message de conclusion par mail, ils écrivent "Nous nous efforçons de bâtir l'entreprise la plus centrée sur ses clients. Par vos remarques, vous nous y aidez."


Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client et du marketing client.

14 avril 2012

Le bonhomme Michelin est Mister Client 2012, agent virtuel de l'année, .

J'avais fait la promesse que si l'agent virtuel de l'année était d'un genre différent que féminin, je débaptiserais le prix Miss Client. C'est chose faite car le jury composé d'étudiants du Master Marketing Opérationnel International de l'Université de Paris Ouest (coordonnées par deux d'entre eux : Alexandra Berthon et Juliano Araujo que je félicite et que je remercie pour leur implication) ont choisi le bonhomme Michelin comme vainqueur. L'annonce de la victoire a été faite sur le salon Stratégie Clients le 4 avril dernier à l'issue d'une conférence que j'animais sur la "e-relation client".
Pendant plusieurs semaines, les étudiants ont fait l'expérience de 21 agents virtuels intelligents selon un protocole établi par leur professeur Christophe Benavent.
Nous étions lui et moi étonnés par le résultat de cette compétition, ce qui lui fait dire sur son blog "Technologies du marketing"(...)celà doit amener les concepteurs d'AVI à une réflexion sur l'attractivité des agents qui ne peut se résoudre à leur seule efficacité. Les personnages choisis non seulement doivent être séduisants graphiquement mais aussi chargé d'une personnalité dont le Bonhomme ne manque pas."
Le bonhomme Michelin (surnommé Bibendum) a donc remporté cet prix pour la troisième édition, succédant ainsi à Emma de MMA et Lucie de SFR.
Sa note finale est de 3,68 sur 5, devançant Inès de Nespresso avec 3,55 et Lucie de SFR avec une note de 3,52.
On trouve ensuite en 4ème position Laura de EDF Bleu Ciel, 5ème Zoé de GDF Suez Dolce Vita et 6ème Anna de IKEA.
La note étant composée à 50% des notes du jury, à 30% des notes de Testntrust, le comparateur de satisfaction et à 20% des votes par clic sur ce blog.

A propos des agents virtuels en 2012


A quoi servent-ils ?
Leur mission principale est d'aider les internautes et les assister dans leur surf sur un site Internet.
Une mission essentielle quand on pense que, selon une étude de Harris Interactive, "52% des e-acheteurs reconsidèrent leur achat ou abandonnent leur panier parce qu’ils n’ont pas d’assistance".
Chiffre qui fait dire à Nabil Thalmann que l'AVI est "le meilleur ami du taux de conversion."
J'ajoute que, selon une étude réalisée par CCM Benchmark group : "les e-commerçants estiment que les principaux intérêts d’une solution d’agent virtuel intelligent sont le désengorgement des services client (à 67%) et la capacité à gérer davantage de demandes client (pour 51% d'entre eux)"


Où en est-on ?
Selon le Baromètre de la relation client d'octobre 2011 édité par la Mission Nationale de la relation client et réalisé par IPSOS, 18% des entreprises françaises utilisent ou envisagent d'utiliser un agent virtuel intelligent, une proportion qui monte à 37% pour les entreprises de plus de 500 salariés.
L'AVI (qu'on nomme aussi Chatbot pour "robot de tchat") est un des outils de la relation client, répondant au besoin de contact des clients qui cherchent des réponses à des questions simples et parfois complexes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Selon Kapersky Lab, qui utilise un AVI, 22% des appels à un centre d'appels peuvent être traités par une créature virtuelle.
On note à nouveau cette année que dans certaines conversations avec un agent virtuel, les entreprises escaladent vers un opérateur humain selon certaines règles (avec des mots clés détectés ou bien lorsque l'internaute n'a pas de réponse satisfaisante), comme chez Numericable par exemple.

Notre vainqueur de cette année montre qu'un agent virtuel conçu dans le respect du positionnement d'une marque forte, et sans volonté de singer les êtes humains, peut s'avérer très séduisant et efficace.
Son créateur note d'ailleurs que la durée moyenne d’une discussion avec cet agent virtuel s'élève à 7 minutes, alors que la durée moyenne est d’environ trois minutes. Cet agent est calibré pour répondre en anglais et en français et peut mener environ 10.000 conversations chaque mois.
Notons que le bonhomme Michelin a été créé il y a un peu moins d'un an par la société Virtuoz qui est distinguée pour la troisième année consécutive en tant que créateur de ces agents virtuels.
L'interface est réalisée par une agence de création d’interfaces vidéos, Cantoche.

Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing orienté client et de la relation client.