Michel Gallet me fait le plaisir de répondre au questionnaire du Sens du client. Un homme qui consacre son activité au domaine du transport de voyageurs. Sociologue, ingénieur, blogueur et consultant, son récent livre "Améliorer la relation client en transport de voyageurs" est tout à son image : sérieux, iconoclaste, abordable et enrichissant. Il m'a fait par ailleurs l'honneur de plusieurs citations du blog du Sens du client dans son livre que je viens de lire.
Ce livre s'adresse par son aspect très didactique à tous ceux qui s'intéressent à la relation client en général. Même si les exemples sont issus du domaine du transport, le propos est assez large pour intéresser des étudiants, des débutants dans le domaine et des professionnels qui apprécieront la clarté du propos et la fraicheur du point de vue. Vous y trouverez un chapitre intitulé "Comment acquérir le sens du client" qui m'a ravi ; je partage en effet avec Michel Gallet la conviction que le sens du client est d'abord une affaire de valeurs d'entreprise et de management des ressources humaines. Dans son brillant chapitre "les onze recommandations de la relation client" il ose des références allant de Cicéron à Starbucks et prend position sur un de mes thèmes de prédilection : "Servir n'est pas être servile" (Lire à ce propos mon billet "De l'esprit de service aux attitudes de service"). A propos de la nécessaire implication du management, il reprend une citation de Gérard Mulliez, le fondateur d'Auchan : "Le management doit s'aimer pour aimer les gens et pour que les personnels aiment leurs clients". J'aime beaucoup sa proposition de "Serment d'Hermès" pour les professionnels du transport ; des engagements de moyens vis-à-vis des clients, à la manière des médecins et leur serment d'Hippocrate. Dans son avant dernier chapitre "Mettre en œuvre la relation client" il nous propose aussi bien une démarche très construite que l'apport de la culture zoulu par l'Ubuntu dans la relation client. Voilà qui est très rafraichissant et iconoclaste : tout ce que j'aime ! Vous avez compris, j'aime ce livre et je vous le recommande, que vous soyez professionnel du transport ou pas.
Qui êtes-vous ?
Je suis ingénieur (INSA, TH Stuttgart) et sociologue, disciple et assistant d’Abraham Moles à l’université de Strasbourg, fondateur et gérant d’un cabinet de conseil en transport de voyageurs. Mes clients sont des entreprises et des collectivités organisatrices. Je suis en particulier l’auteur du livre « améliorer la relation client en transport de voyageurs» paru aux éditions Celse (Paris) et je tiens un blog sur ce thème.
Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu’ « avoir le sens du client » ?
Le client est une valeur pour l’entreprise, quelle qu’elle soit. Il en est le cœur quand il s’agit de services, il est son âme dans l’aérien, le ferroviaire, le routier. Scott Mc Cartney, un spécialiste, dit que les relations d’un client à l’entreprise qui le transporte sont celles du patient avec le médecin ; il lui confie son sort. Au transport qui met en œuvre une chaîne de services complexes et qui doit être sûr, efficace, conforme, le sens du client apporte la chaleur et la sincérité d’un investissement personnel. Avoir le sens du client, c’est avoir compris le fait qu’en valorisant l’échange personnel, on s’enrichit soit même.
Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ?
Deux choses m’ont frappé. Après les excès de l’automatisation de la relation client, on voit le retour au «langage naturel» et autres vecteurs de valeur humaine dans la mosaïque des relations avant, pendant et après le service. Et puis le fait que commencent à sortir des tabous des concepts « new-age » comme l’écoute, l’amour du métier, le courage, la fierté de servir, d’être utile. Suivant les philosophes et sociologues, Pierre Naville, Gilbert Simondon et Abraham Moles, on veut faire des techniques des vecteurs d’humanisme. On perçoit l’émergence d’attitudes respectueuses de l’individu, qu’il s’agisse du personnel ou du client. Sur ce point nous avons créé le concept « Proud of » de fierté d’entreprise, que l’on applique en interne comme en externe.
Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ?
Une longue attente aux guichets banalisés de Roissy. Il y a eu la veille pas mal d’annulations et de reports de vols. Un couple avec enfant billets en main pour Miami. L’agent de guichet « nous ne sommes pas sûrs de pouvoir vous enregistrer ». Colère et stupéfaction… « nous avons pris nos billets il y a un mois ». Une hôtesse s’approche, impeccable, chaleureuse. Monsieur, nous devons embarquer des passagers débarqués hier. L’homme : mais c’est du surbooking ! C’est exact monsieur, nous sommes obligés de vendre toujours plus de billets que de places parce qu’en moyenne une vingtaine de passagers ne se présentent pas à chaque vol. C’est une arnaque ! Non monsieur, cela nous permet d’avoir moins de sièges vides, donc de diminuer les prix. "Estimez-vous avoir payé cher ?", "Non non, mon agence m’a dit que c’était vraiment un bon prix !", "Vous voyez !".
"Je vous fais partir demain et je m’occupe de vos correspondances, Voici vos bons d’hôtel et de repas. En plus je vais tout faire pour vous surclasser. Alors ?", "....alors merci !".
(N.D.A. : Michel Gallet m'a envoyé une autre anecdote en me laissant le choix. J'ai préféré publier les deux qui sont très parlantes).
Un petit bus, un « community bus » à la gare routière d’une grande ville de l’Ouest du Canada. Le conducteur n’a pas de monnaie, le voyageur non plus. Pas de distributeur à proximité, le bus doit respecter l’horaire et le voyageur est fatigué. Un grand sourire, allez montez !, et le conducteur émet un billet tout à fait règlementaire. Regardons-le de plus près. Il y figure la mention « 00 $ Courtesy ». Il y a donc, sur ce réseau, un vrai sens du client. La latitude donnée aux conducteurs, non pas de faire passer gratuitement, amis et connaissances, mais d’offrir un billet au nom de la compagnie. Ce sont là bien les deux aspects du sens du client, l’un vers le client l’autre vers les personnels. Ici, l’on a compris qu’un geste commercial envers un client valorise l’agent qui en a la charge.
Interview réalisée par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client.
31 juillet 2010
22 juillet 2010
Centres d'appels : une polémique stérile pour le client
Un débat enflamme les professionnels du centre d'appel en France. La raison ? Les déclarations de Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat chargé de l'emploi à propos de la sous-traitance des appels téléphoniques à l'étranger (le "off shoring"). Déclarations qui accompagnent un "plan de lutte contre les délocalisations de centres d'appel" en plusieurs points et qui font vraisemblablement suite à l'annonce du plan de restructuration de Teleperformance le 1er juillet.
Tout d'abord, un point sur les chiffres :
"Entre 2004 et 2009, le nombre d’emplois délocalisés dans ce secteur est passé d’environ 10000 à 60000." nous dit le Parisien.
"Cette filière emploie plus de 260000 personnes en France (contre 1 million au Royaume Uni)" et "Plus de 10000 emplois crées chaque année depuis 3 ans" déclare l’AFRC, l’ALRS et le SP2C dans un communiqué commun en réponse au Secrétaire d'Etat.
Récapitulons les points principaux de ce "plan de lutte" qui suscite tant de débats :
- Faire payer via une taxe téléphonique les entreprises qui sous-traitent à l'étranger.
- Aider les entreprises qui ne délocalisent pas avec une "prime symbolique" et consentir "des aides au recrutement, à la formation, à l'installation en zone rurale ainsi que sur des allégements de cotisations sociales."
- Faire appliquer un code de bonne conduite pour les entreprises publiques.
- Organiser des "assises des centres d'appels" avec la participation de grandes entreprises comme Gaz de France, Bouygues Télécom, EDF et la SNCF. Ces assises s'accompagneraient également d'un arrêté ministériel qui obligerait les entreprises recourant à des centres d'appels à garantir la "transparence" sur leurs lieux d'implantation.
Sur son blog, Manuel Jacquinet, rédacteur en chef du site En-contact, parle de "ligne Maginot antidélocalisation".
"Sur la proposition du gouvernement d’annoncer la localisation géographique de l’appel, le sujet est complexe et ne correspond pas à une attente des clients. Cette annonce risque de rallonger le traitement de la demande, alors que ce qui compte avant tout, c’est d’offrir un service de qualité." déclare pour sa part Eric Dadian, président de l’AFRC.
Je pense personnellement que le gouvernement ne trouvera pas de soutien populaire à ses mesures. Rappelons que ce débat a eu lieu aux États-Unis en 2004 lors des élections présidentielles. La relocalisation (sur fond de xénophobie) des centres d'appel sous-traités en Inde, aux Philippines, en Amérique du sud était alors un des débats qui opposait George W. Bush à John Kerry. Lisez l'excellent livre "Your call is not as important to us" qui en fait l'historique.
Notre très généreux Gouvernement français aura beau distribuer des bons points et des subventions et imposer des taxes, les syndicats auront beau s'époumoner à crier au loup, la réalité économique ne changera pas : "un salarié d'un centre d'appel marocain est payé entre 400 et 450 euros mensuels contre un minimum de 1.320 euros bruts en France (primes et 13e mois inclus)" (source SP2C cité par La Tribune). Rappelons également que le développement des centres d'appel dans les pays concernés est un formidable levier de développement économique et social pour eux.
Que faut-il faire concrètement ?
- Faire évoluer les filières de formation françaises et revaloriser ce métier. La France souffre chroniquement d'un désintérêt et d'une dévalorisation des métiers de la relation client.
- Faire le pari de la qualité en améliorant les conditions de travail des salariés du secteur (pensez à l'exemple de Zappos aux Etats-Unis qui n'impose pas de scripts ni de temps d'appel maximum à ses télé-opérateurs, les forme, leur donne du pouvoir et de la liberté).
- Faire preuve de créativité en développant le "home shoring" par exemple (saviez-vous qu'aux Etats-Unis se développe la prise de commande à distance par des opérateurs à leur domicile chez McDonald's sur la borne au volant de sa voiture ? ), ou bien les centres d'appel dans les prisons. Autant d'idées lues dans le livre "Your call is not as important to us".
- Cesser l'hypocrisie qui consiste à demander à des opérateurs étrangers de changer leur prénom (un sujet qui revient dans les discours des politiques depuis 6 ans, de Sarkozy à Wauquiez). C'est un débat d'un autre âge de donneurs d'ordre racistes et arriérés. Un opérateur devrait s'appeler Pierre alors qu'il s'appelle Mohamed à l'heure ou le plus célèbre capitaine de l'équipe de France de football s'appelle Zinédine et le Président des Etats-Unis s'appelle Barack ? Le changement de prénom ne changera rien à leur capacité à répondre au client. C'est vraiment l'hypocrisie à la française, illustré dans un autre registre par le CV anonyme. On ne luttera pas contre le racisme en masquant la diversité de notre pays et du monde dans lequel on vit. Les entreprises qui demandent à leurs opérateurs de changer de prénom pensent-elles que leurs clients sont tous racistes ?
- Qualifier les appels. Le téléphone, principal canal de communication avec le client dans les services client, n'a pas le sens du client. Affecter à chaque contact un niveau de difficulté ou un statut de client est une solution de bon sens. Demande simple ? Transférez à l'interlocuteur de base ou à l'agent virtuel interactif. Problème technique complexe ou dossier de SAV subtil ? Passez le technicien. Fidèle client ? Qu'une personne formée à une bonne relation prenne l'appel ! Que l'un ou l'autre de ces appels soit traité en France ou dans un pays étranger n'est pas la question car il s'agit d'un choix de l'entreprise qui décide de faire du marketing client de masse ou du marketing client ciblé. Les entreprises se font du mal en n'investissant pas sur la qualification et sur la qualité de la réponse dont le seul juge est le client.
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client.
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17 juillet 2010
IRRITANT : le calamiteux service relation clients SNCF
520 euros et 80 centimes, soit 3416 francs : c'est la somme considérable que me doit la SNCF depuis 2 mois.
Il est assez rare que je raconte mes mésaventures personnelles sur mon blog et j’ai beaucoup de scrupules à ne parler que d’une entreprise, d’autant que les avis consommateurs sont devenus mon quotidien avec Testntrust (mon activité professionnelle). Mais l’entreprise dont je voudrais vous parler est en train de vivre un moment important de son histoire du fait de l'ouverture à la concurrence, et je ne suis pas certain, au regard de ce que je vis, que ses responsables se rendent bien compte de l’étendue des efforts à faire.
Prenons par exemple Patrick Ropert, le nouveau Directeur de la communication qui déclare dans le dernier numéro de Stratégies : "Le cap est clair, retour aux basiques de la relation client". Je serais d’avis de ne pas essayer de retourner aux basiques mais d’y entrer tout simplement. Ne seriez-vous pas fou à ma place Monsieur Ropert si un fournisseur vous devait 520 euros depuis deux mois et que vous ne pouviez pas entrer en contact avec lui autrement que par courrier ? Quelle entreprise a ce comportement aujourd'hui ?
J’ai commandé des billets pour un montant de 520,80 euros sur Internet. Une erreur (de ma part) dans l’adresse saisie pour l’envoi au domicile et les billets n’arrivent pas. Au téléphone, sur Internet, rien à faire, il faut se rendre dans un guichet pour se faire rembourser. C’est ce que je fais le 13 mai dernier. L’agent fait pour moi une demande de remboursement et me demande de payer à nouveau 520,80 (je m'exécute sans discuter, n’ayant pas le choix). Un mois plus tard, sans remboursement, je téléphone pensant, naïf que je vais m’entretenir avec une personne du service clients.
Première découverte invraisemblable : il n’y a qu’un canal de communication avec le service relation clients de la SNCF et ce canal est le courrier (à moins d'avoir un numéro de dossier, ce qui n'est pas mon cas). C’est amusant d’ailleurs de faire le parcours du client mécontent sur Internet, poser une question à l’agent virtuel (ma spécialité depuis Miss Client), faire des choix grâce à plusieurs menus déroulants dans la rubrique «contactez-nous par email» (sic) pour arriver à la réponse suivante : «Téléchargez la fiche Après-vente (…) et joignez les justificatifs à l’adresse suivante Service relation clients SNCF 62973 Arras Cedex 9».
Voir la copie d'écran en illustration de ce billet.
Quand je pense que je parle de multi-canal depuis des années, que j’encourage la gestion de la relation client à distance, je félicite les entreprises respectueuses du client et qu'il m’arrive d’avoir la dent dure avec des leaders du secteur et jamais je ne me suis posé de question sur une entreprise leader de son marché, à qui je laisse au moins 3000 euros par an...
J’ai donc fait une réclamation mi-juin avec un pdf imprimé depuis le site et redécouvert le goût de la colle des enveloppes et la vieille sensation du papier sur la langue.
Nous sommes le 17 juillet et une idée m’est venue hier. J’avais oublié que j’étais un client privilégié détenteur de la carte Grand Voyageurs. J’appelle ma ligne dédiée dans l’espoir qu’ils m’en diront plus : "Je peux vous dire que votre courrier a bien été reçu mais je ne sais pas quand vous serez remboursé".
Joli traitement de faveur !
Un peu de recherche sur Internet m’informe que la saisine directe du Médiateur de la SNCF est désormais possible sans passer par une association de consommateurs (depuis 2009).
J’ai donc décidé ce jour de saisir le Médiateur de la SNCF, l’honorable Bernard CIEUTAT, pour récupérer mes 520,80 euros.
Etant donné que mes billets sont censés faire avancer notre profession et enrichir les lecteurs, j’ai lu le rapport du Médiateur pour l’année 2009.
Voilà ce que j’ai appris :
- "Les effets de la saisine directe ont été immédiats : la Médiation a reçu près de 2500 réclamations en 2009 contre 750 l’année précédente, soit trois fois plus". 2500 réclamations, ce n'est que 0,25% du total des réclamations de la SNCF. Personne n’avait donc pensé que la saisine directe allait ouvrir les vannes des clients très mécontents ?
- Je m’inquiète pour le Médiateur lorsque je lis dans son rapport « après quelques mois difficiles, les délais de réponse ont été réduits dès la fin de l’année 2009 et vont encore s’améliorer en 2010. ».
En effet, le Médiateur de la SNCF est passé de 71% à 56% de réponses EN PLUS DE DEUX MOIS (entre les deux semestres 2009). Monsieur le Médiateur a beaucoup d’humour ou bien il vit dans un autre espace temps, un univers dans lequel on met deux mois pour lire une lettre et y répondre. Un médiateur n'aurait-il pas lui aussi des délais à respecter ?
Je lis dans diverses sources que le service relation clients de la SNCF reçoit un million de réclamations par an, ce qui au regard du nombre de voyages (100 millions) et de voyageurs (2 milliards par an, dont 97,3 millions en TGV) est assez peu. Le Médiateur traiterait donc 0,25% de toutes les réclamations des clients (les plus énervés et les plus courageux) avec un délai proprement intolérable !
Est-ce ainsi que l'on traite les clients à la SNCF ?
Et pourtant, en lisant le rapport annuel de la SNCF, je découvre les déclarations de Guillaume Pépy, Président de la SNCF : "la satisfaction des clients est le cœur de notre stratégie d'entreprise et de nos préoccupations quotidiennes", et celles de Barbara Dalibard directrice générale SNCF voyage "(les concurrents) vont probablement nous concurrencer sur les prix. Mais ils vont aussi miser sur nos faiblesses potentielles. (...) Il nous faut aussi garantir les fondamentaux de la qualité de service que les clients attendent(...)"
A nouveau, de belles déclarations d'intention -dont je ne doute pas de la sincérité- mais qui se heurtent sur le mur de la réalité à la vitesse d'un TGV.
La SNCF trouvera dans le chiffre du baromètre de la relation client des raisons de se réjouir : 47 % des entreprises françaises ne répondent pas au courrier de réclamation.
En revanche, par rapport à ma situation personnelle (qui est assez représentative si j'en crois ce que je lis sur Internet), je pense que la SNCF, son service relation clients et son Médiateur, seraient bien inspirés de se mettre au niveau des standards du marché. Selon BVA et Viséo Conseil, "89 % des e-mails (au service client) ont une réponse en moins de 2 jours ouvrés et 66 % des courriers en moins de 10 jours ouvrés."
Selon "blog en commun", la SNCF va ouvrir un accès à son service via email cet été" et répondre en 48h00 et d'après Relation client mag de décembre 2009 "D'ici la fin du premier semestre 2010, la SNCF prévoit d'étendre son service réclamations via le mail. (...) Ces dernières années, la SNCF avait fortement privilégié la vente, le self-care et la dématérialisation des billets dans ses budgets, au détriment de la réclamation.". Cela me rappelle le piège de la tendance 2010 "le client sera seul" (lire mon billet) dans lequel la SNCF est tombée.
J'ai deux questions en conclusion :
- les dirigeants de la SNCF se rendent-ils compte de la calamiteuse qualité de service et du peu de moyens du Médiateur alors qu'ils prônent et promettent une orientation client ?
- la SNCF se rend-elle compte que l'ouverture à la concurrence risque de lui couter très cher si elle continue à traiter ses clients de la sorte ?
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client.
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11 juillet 2010
Test de l'été (1) : Avez-vous le Sens du client ?
J'ai une pensée pour certain(e)s d'entre vous qui ont sont déjà allongé(e)s sur leur transat et qui surfent sur la toile ou ouvrent une application leur indiquant la température de l'eau, le thème du menu de la soirée, comment soigner une piqûre de méduse ou le nom de ce poisson multicolore croisé hier lors de l'après-midi plongée. Des conditions idéales pour faire des expériences de touriste, client sensible à toutes les attentions...
Les tests sont un marronnier de la presse estivale, d'où je tire l'idée d'une série de "tests" sur le thème du Sens du client. Des tests ludiques, à partir d'affirmations relatives au marketing client glanées ça et là et qui peuvent avoir pour réponse VRAI ou FAUX ou parfois même VRAI et FAUX.
Pour réaliser ces tests, j'ai fait appel à un de mes ex-collaborateurs expert dans le domaine du service client qui m'a aidé à trouver des thèmes, et m'a donné quelques réponses utiles issues de son expérience quotidienne. Son nom est Kiet Hong et vous en saurez plus sur lui en cliquant sur ce lien.
Commençons par la première série de l'été avec cinq affirmations, orientée service client (ou service consommateurs, service réclamations...appelez le comme vous voulez).
1 - Les clients mécontents n'ont qu'à aller voir ailleurs !
VRAI et FAUX
Oui c’est VRAI, après tout, une entreprise n’a pas une offre universelle, et par nature cible une certaine catégorie de clients. On peut aussi affirmer que certains clients perpétuellement insatisfaits, irascibles et injurieux avec les employés, n’ont pas leur place dans la communauté des clients. Voir l’exemple de Zappos qui déclare ne pas vouloir de tous les clients (point numéro 4 de la partie "10 moyens de faire adopter le service au client dans votre société").
On pourrait répondre FAUX car les clients mécontents sont une source d’enrichissement ; chaque client mérite d’être au moins écouté. Il faut juste bien mesurer l’investissement de reconquête. Il convient aussi de savoir sur quoi repose le mécontentement : s’il y a insatisfaction sur les éléments du cœur de l’offre, le danger est réel et le signal important. Insatisfaction reposant sur des éléments très annexes ou subjectifs : il y a nécessité de comprendre ce qui leur fait penser ça.
2 - Tout ce qui intéresse le client c'est de recevoir un geste commercial.
FAUX
Combien d’entreprises pensent à tord acheter la paix avec un geste commercial lors d'une réclamation ? La manière de répondre, le contenu de la réponse sont aussi importants, si ce n’est plus, que le dédommagement lui-même. Beaucoup de clients demandent simplement à être entendu, à comprendre grâce à des explications. Les clients exigeants ont besoin de considération.
Il arrive qu’on reçoive une compensation avec une réponse type. Pour satisfaire un client qui se plaint, il faut déjà comprendre sa demande, lui répondre dans des délais raisonnables et de façon personnalisée. Pensez à l’image du client d’un restaurant qui se plaint d’un plat trop froid ou raté, il appelle le serveur pour se plaindre. Le serveur le regarde d’un œil torve et sans un mot enlève le plat brutalement. Dix bonnes minutes plus tard, l’employé revient en silence et le visage fermé puis pose l’assiette sur la table sans égard. Au moment de l’addition, la personne qui encaisse vous signale de façon froide qu’on ne vous a pas compté le plat. Il y a eu un effort commercial mais la façon de le faire vous fait dire que vous ne remettrez plus les pieds dans cet établissement !
Un bon exemple : relisez mon billet à propos de Colgate et sa calamiteuse réponse.
3 - Le service client ne gère que des problèmes
VRAI
Si on oublie les exceptionnels courriers de remerciements ou de félicitations, on peut affirmer que le service client ne gère que des problèmes. C’est un métier bien difficile parfois par le niveau de stress quotidien et la propension naturelle à penser, au sein de ce service, que tout va mal à force de lire des récriminations. Les clients qui s’expriment directement auprès de l’entreprise sont souvent les plus mécontents, c’est un fait. Et en interne dans l’entreprise, le service consommateurs est vu comme une source de maux de têtes et d’ennuis : c’est la triste réalité dans bon nombre de sociétés.
Un service client ne gère que des problèmes mais des problèmes qui valent de l’or (Souvenez-vous du pépin qui se transforme en pépite comme on dit à l’AMARC). Pour un client qui s’exprime combien vous tournent le dos et ne prennent pas la plume ou le téléphone pour vous le dire. Un client qui parle est un véritable cadeau. Bill Gates disait même "Vos clients les plus mécontents sont votre plus grande source d'enseignement". C’est un investissement de sa part, il prend le soin de verbaliser son insatisfaction car il vous aime ! Un service client (appelez le service consommateurs ou service réclamations) est un service qui a pour objectif de transformer des clients sur le départ en aficionados. Bien utilisé, un service client est une redoutable arme de fidélisation. Et quand il est pro-actif, il est encore plus fort. Voir l’exemple d’Air France et son programme Recovery dans mon billet Applaudissement.
4 - Le service consommateurs est un centre de coût
FAUX
C’est FAUX évidemment. Cette appréciation est du reste ce qui différencie les entreprises orientées client du magma des handicapées de la relation client. Il m’est arrivé dans ma carrière de lutter contre ces archaïsmes face à des financiers obsédés par la rentabilité à court terme et qui voient leur organisation en silo. Heureusement tous les financiers ou tous les dirigeants ne sont pas comme ça et une demande de mesure de l’efficacité est tout à fait légitime de leur part. Pour prouver que le service consommateurs n'est pas qu'un centre de coût, il y a diverses méthodes. La plus évidente est de mesurer la satisfaction des clients après qu’ils aient rencontré un problème et que celui-ci soit résolu. Demandez-leur s’ils continueront d’être clients et éventuellement s’ils recommanderont votre marque, estimez leurs achats et vous aurez tous les chiffres en main.
Passons maintenant à l'exercice de calcul du cahier de vacances :
5 - On peut se passer d'un service client
VRAI
C’est VRAI mais seuls les plus forts peuvent le dire ! Quand toute l’organisation est dédiée au client, quand tous les process permettent de faire un quasi sans faute, quand toutes les personnes en contact avec le client sont suffisamment libres et ont assez de pouvoir pour décider seules et immédiatement, alors le service client ne sert à rien. Cette vision idéale est celle du patron d’Amazon, Jeff Bezos qui veut se passer de service client (relire mon billet à ce sujet) Je vous invite également à relire l’excellente tribune d’Olivier Njamfa (que j’avais eu le plaisir d’interviewer sur ce blog) « toute l’entreprise est un service client ».
A bientôt pour la suite du test "Avez-vous le Sens du client ?". Commentaires et suggestions bienvenues sur Facebook sur la page du Sens du client.
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client qui aiment aussi jouer.
Les tests sont un marronnier de la presse estivale, d'où je tire l'idée d'une série de "tests" sur le thème du Sens du client. Des tests ludiques, à partir d'affirmations relatives au marketing client glanées ça et là et qui peuvent avoir pour réponse VRAI ou FAUX ou parfois même VRAI et FAUX.
Pour réaliser ces tests, j'ai fait appel à un de mes ex-collaborateurs expert dans le domaine du service client qui m'a aidé à trouver des thèmes, et m'a donné quelques réponses utiles issues de son expérience quotidienne. Son nom est Kiet Hong et vous en saurez plus sur lui en cliquant sur ce lien.
Commençons par la première série de l'été avec cinq affirmations, orientée service client (ou service consommateurs, service réclamations...appelez le comme vous voulez).
1 - Les clients mécontents n'ont qu'à aller voir ailleurs !
VRAI et FAUX
Oui c’est VRAI, après tout, une entreprise n’a pas une offre universelle, et par nature cible une certaine catégorie de clients. On peut aussi affirmer que certains clients perpétuellement insatisfaits, irascibles et injurieux avec les employés, n’ont pas leur place dans la communauté des clients. Voir l’exemple de Zappos qui déclare ne pas vouloir de tous les clients (point numéro 4 de la partie "10 moyens de faire adopter le service au client dans votre société").
On pourrait répondre FAUX car les clients mécontents sont une source d’enrichissement ; chaque client mérite d’être au moins écouté. Il faut juste bien mesurer l’investissement de reconquête. Il convient aussi de savoir sur quoi repose le mécontentement : s’il y a insatisfaction sur les éléments du cœur de l’offre, le danger est réel et le signal important. Insatisfaction reposant sur des éléments très annexes ou subjectifs : il y a nécessité de comprendre ce qui leur fait penser ça.
2 - Tout ce qui intéresse le client c'est de recevoir un geste commercial.
FAUX
Combien d’entreprises pensent à tord acheter la paix avec un geste commercial lors d'une réclamation ? La manière de répondre, le contenu de la réponse sont aussi importants, si ce n’est plus, que le dédommagement lui-même. Beaucoup de clients demandent simplement à être entendu, à comprendre grâce à des explications. Les clients exigeants ont besoin de considération.
Il arrive qu’on reçoive une compensation avec une réponse type. Pour satisfaire un client qui se plaint, il faut déjà comprendre sa demande, lui répondre dans des délais raisonnables et de façon personnalisée. Pensez à l’image du client d’un restaurant qui se plaint d’un plat trop froid ou raté, il appelle le serveur pour se plaindre. Le serveur le regarde d’un œil torve et sans un mot enlève le plat brutalement. Dix bonnes minutes plus tard, l’employé revient en silence et le visage fermé puis pose l’assiette sur la table sans égard. Au moment de l’addition, la personne qui encaisse vous signale de façon froide qu’on ne vous a pas compté le plat. Il y a eu un effort commercial mais la façon de le faire vous fait dire que vous ne remettrez plus les pieds dans cet établissement !
Un bon exemple : relisez mon billet à propos de Colgate et sa calamiteuse réponse.
3 - Le service client ne gère que des problèmes
VRAI
Si on oublie les exceptionnels courriers de remerciements ou de félicitations, on peut affirmer que le service client ne gère que des problèmes. C’est un métier bien difficile parfois par le niveau de stress quotidien et la propension naturelle à penser, au sein de ce service, que tout va mal à force de lire des récriminations. Les clients qui s’expriment directement auprès de l’entreprise sont souvent les plus mécontents, c’est un fait. Et en interne dans l’entreprise, le service consommateurs est vu comme une source de maux de têtes et d’ennuis : c’est la triste réalité dans bon nombre de sociétés.
Un service client ne gère que des problèmes mais des problèmes qui valent de l’or (Souvenez-vous du pépin qui se transforme en pépite comme on dit à l’AMARC). Pour un client qui s’exprime combien vous tournent le dos et ne prennent pas la plume ou le téléphone pour vous le dire. Un client qui parle est un véritable cadeau. Bill Gates disait même "Vos clients les plus mécontents sont votre plus grande source d'enseignement". C’est un investissement de sa part, il prend le soin de verbaliser son insatisfaction car il vous aime ! Un service client (appelez le service consommateurs ou service réclamations) est un service qui a pour objectif de transformer des clients sur le départ en aficionados. Bien utilisé, un service client est une redoutable arme de fidélisation. Et quand il est pro-actif, il est encore plus fort. Voir l’exemple d’Air France et son programme Recovery dans mon billet Applaudissement.
4 - Le service consommateurs est un centre de coût
FAUX
C’est FAUX évidemment. Cette appréciation est du reste ce qui différencie les entreprises orientées client du magma des handicapées de la relation client. Il m’est arrivé dans ma carrière de lutter contre ces archaïsmes face à des financiers obsédés par la rentabilité à court terme et qui voient leur organisation en silo. Heureusement tous les financiers ou tous les dirigeants ne sont pas comme ça et une demande de mesure de l’efficacité est tout à fait légitime de leur part. Pour prouver que le service consommateurs n'est pas qu'un centre de coût, il y a diverses méthodes. La plus évidente est de mesurer la satisfaction des clients après qu’ils aient rencontré un problème et que celui-ci soit résolu. Demandez-leur s’ils continueront d’être clients et éventuellement s’ils recommanderont votre marque, estimez leurs achats et vous aurez tous les chiffres en main.
Passons maintenant à l'exercice de calcul du cahier de vacances :
- Mesurez le temps passé des personnes en charge du service client, les moyens mis en œuvre, et additionnez les coûts (avec charges sociales et coûts de structure). N'oubliez pas d'inclure le coût de la mesure de la satisfaction.
- Si vous avez accès aux données des clients (par leurs achats, leur contrat, par leurs données issues de leur carte de fidélité ou leur carte de paiement…), il est facile de connaitre le chiffre d’affaires des clients ayant eu affaire au service pour l’année qui suit et donc la marge dégagée. Si vous n’avez pas de données fiables, prenez le chiffre d’affaires moyen d’un client de ce type (selon son rayon, son type d’achat, sa fréquence) sur une année et sa rentabilité.
- Prenez la part de clients satisfaits à l’issue de l'échange avec le service client qui déclarent continuer à être client (ou encore mieux observez leur comportement dans l'année qui suit). Ce pourcentage (généralement supérieur à 80% quand vous faites bien votre métier) vous aidera à calculer le nombre de clients "sauvés".
- Du chiffre d’affaires total "sauvé" (ou de la marge), enlevez le coût du service consommateurs. La différence prouvera bien que le service client n'est pas un centre de coût.
- Laissez refroidir, assaisonnez et servez avec un Microsoft Excel 2007 bien frais. Pour votre information, c’est la recette que Maria Flament, la responsable de la voix du client de Leroy Merlin a expliqué lors de la dernière convention de l’AMARC. C’est ainsi qu’elle procède.
- Pour pimenter votre plat, faites l’exercice inverse en calculant le chiffre d’affaire potentiel des clients perdus à qui on ne répond pas, ajoutez le coût de recrutement et de fidélisation d’un client. Une pincée de préjudice et de mauvais bouche à oreille estimé en euros suffira à ravir les palais difficiles. Jeff Bezos, d'Amazon ne prétend-il pas que "Si vous rendez vos clients mécontents dans le monde réèl, ils sont susceptibles d'en parler chacun à 6 amis. Sur internet, vos clients mécontents peuvent en parler chacun à 6000 amis."
5 - On peut se passer d'un service client
VRAI
C’est VRAI mais seuls les plus forts peuvent le dire ! Quand toute l’organisation est dédiée au client, quand tous les process permettent de faire un quasi sans faute, quand toutes les personnes en contact avec le client sont suffisamment libres et ont assez de pouvoir pour décider seules et immédiatement, alors le service client ne sert à rien. Cette vision idéale est celle du patron d’Amazon, Jeff Bezos qui veut se passer de service client (relire mon billet à ce sujet) Je vous invite également à relire l’excellente tribune d’Olivier Njamfa (que j’avais eu le plaisir d’interviewer sur ce blog) « toute l’entreprise est un service client ».
A bientôt pour la suite du test "Avez-vous le Sens du client ?". Commentaires et suggestions bienvenues sur Facebook sur la page du Sens du client.
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client qui aiment aussi jouer.
Libellés :
Points de vue,
Service client / réclamations
07 juillet 2010
Julien Morel (Nespresso) et le Sens du client
Je suis heureux d’interviewer aujourd’hui Julien Morel le Directeur du club Nespresso France. Ce club a déjà donné lieu sur mon blog à de nombreux articles (voir à la fin de ce billet), tant il inspire les marketers orientés client et constitue pour tous un véritable cas d’école dans le domaine de la grande consommation. Qui aurait un jour imaginé qu'une marque de grande consommation décide de lancer un produit en se passant de la grande distribution et en misant tout sur la relation client ?
Le succès de ce pionnier (en France depuis 20 ans) repose sur une trilogie assez unique :
- Un café de qualité portionné en capsule qu’on nomme « grand cru ».
- Des machines à café alliant innovation technologique et simplicité d’utilisation.
- Le Club Nespresso France qui offre à ses membres un éventail de services clients personnalisés.
Vous allez savoir maintenant ce que pense le représentant de cette marque, Julien Morel, qui a bien voulu se plier à l’exercice du questionnaire du Sens du client, 79ème du genre.
Qui êtes-vous ?
Ingénieur Centrale Paris de formation, j’ai travaillé 7 ans au sein de directions Supply Chain d’entreprises industrielles, occupant des fonctions de services clients, planning et logistique physique.
Je suis depuis plus d’un an, Directeur du Club et de la Supply Chain chez Nespresso France, en charge de la chaîne de satisfaction de nos Membres du Club.
Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu'"avoir le sens du client" ?
C’est pour moi tout d’abord une stratégie.
Nous avons fait le choix, chez Nespresso, d’une relation humaine avec nos Membres du Club. Nous avons coutume de dire que nous devons offrir à nos Membres du Club un service d’exception pour un café d’exception.
En France, plus de 600 personnes sont en contact direct avec nos Membres du Club, en Boutiques ou au téléphone 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Et c’est aussi une culture. Chaque collaborateur chez Nespresso doit avoir l’exigence de vouloir faire mieux tous les jours en termes de service apporté à nos Membres du Club, et l’humilité de se remettre en cause continuellement à l’écoute de nos Membres du Club.
Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ?
J’ai le sentiment qu’il y a globalement une prise de conscience de plus en plus poussée de l’importance de la relation client sur la durée.
Le multi-canal prend également de plus en plus d’ampleur.
Chez Nespresso, par exemple, nous avons mis en place un service de commande à distance dans les boutiques des Champs-Elysées et de Cannes : vous passez votre commande depuis votre téléphone portable, et une heure plus tard votre commande est prête à la boutique !
Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ?
L’exemple dont je parlerai le mieux est un exemple Nespresso France !
Depuis 6 mois, sur Paris, nous vous livrons vos capsules sur rendez-vous de 2 heures, du Lundi au Samedi de 7h à 22h, et le Dimanche de 9h à 13h.
Et nous récupérons vos capsules usagées lors de la livraison.
Vous recevez vos Grands Crus quand vous le souhaitez, et nous pouvons vous livrer le jour même votre commande !
____________________________
Lisez ou relisez mes billets au sujet de Nespresso :
Nespresso et le Sens du client
Qualiweb et Yakelk'1
Elu Service client de l'année 2009
Palmarès relations client 2008
Luxe et relation client, what else ?
Interview réalisée par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et what else ?
Merci à Nathalie de Weber Shandwick et Leila de Virtuoz pour la mise en relation.
Le succès de ce pionnier (en France depuis 20 ans) repose sur une trilogie assez unique :
- Un café de qualité portionné en capsule qu’on nomme « grand cru ».
- Des machines à café alliant innovation technologique et simplicité d’utilisation.
- Le Club Nespresso France qui offre à ses membres un éventail de services clients personnalisés.
Vous allez savoir maintenant ce que pense le représentant de cette marque, Julien Morel, qui a bien voulu se plier à l’exercice du questionnaire du Sens du client, 79ème du genre.
Qui êtes-vous ?
Ingénieur Centrale Paris de formation, j’ai travaillé 7 ans au sein de directions Supply Chain d’entreprises industrielles, occupant des fonctions de services clients, planning et logistique physique.
Je suis depuis plus d’un an, Directeur du Club et de la Supply Chain chez Nespresso France, en charge de la chaîne de satisfaction de nos Membres du Club.
Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu'"avoir le sens du client" ?
C’est pour moi tout d’abord une stratégie.
Nous avons fait le choix, chez Nespresso, d’une relation humaine avec nos Membres du Club. Nous avons coutume de dire que nous devons offrir à nos Membres du Club un service d’exception pour un café d’exception.
En France, plus de 600 personnes sont en contact direct avec nos Membres du Club, en Boutiques ou au téléphone 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.
Et c’est aussi une culture. Chaque collaborateur chez Nespresso doit avoir l’exigence de vouloir faire mieux tous les jours en termes de service apporté à nos Membres du Club, et l’humilité de se remettre en cause continuellement à l’écoute de nos Membres du Club.
Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ?
J’ai le sentiment qu’il y a globalement une prise de conscience de plus en plus poussée de l’importance de la relation client sur la durée.
Le multi-canal prend également de plus en plus d’ampleur.
Chez Nespresso, par exemple, nous avons mis en place un service de commande à distance dans les boutiques des Champs-Elysées et de Cannes : vous passez votre commande depuis votre téléphone portable, et une heure plus tard votre commande est prête à la boutique !
Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ?
L’exemple dont je parlerai le mieux est un exemple Nespresso France !
Depuis 6 mois, sur Paris, nous vous livrons vos capsules sur rendez-vous de 2 heures, du Lundi au Samedi de 7h à 22h, et le Dimanche de 9h à 13h.
Et nous récupérons vos capsules usagées lors de la livraison.
Vous recevez vos Grands Crus quand vous le souhaitez, et nous pouvons vous livrer le jour même votre commande !
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Lisez ou relisez mes billets au sujet de Nespresso :
Nespresso et le Sens du client
Qualiweb et Yakelk'1
Elu Service client de l'année 2009
Palmarès relations client 2008
Luxe et relation client, what else ?
Interview réalisée par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et what else ?
Merci à Nathalie de Weber Shandwick et Leila de Virtuoz pour la mise en relation.
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04 juillet 2010
De l'esprit de service aux attitudes de service
«De l’esprit de service aux attitudes de service» était le thème de la 21ème convention de l'AMARC (Association pour le MAnagement de la Réclamation Client).
Quelques jours avant cette convention, Orange lançait par le plus grand des hasards sa campagne de communication dans les grands médias sur le thème "le sens du service" (en illustration de ce billet). Un hasard qui n’en est pas un et qui prouve que ce sujet est d’actualité.
Lors de cette convention, l’introduction revenait à Raphaël Colas, de la direction de la qualité du groupe La Poste, puis Benoît Meyronin, Professeur de marketing à Grenoble Ecole de Management et Directeur R&D de l’Académie du Service (Groupe Accor). Maria Flament responsable de la voix du client de Leroy Merlin (lire son interview) a fait une présentation, puis j’ai moi-même participé à une table ronde avec Laurent Garnier de KPAM, Benoît Meyronin et David Soubielle, consultant en qualité de service et ancien dirigeant de Challenge-Qualité.
Ce que j’ai retenu de ces échanges :
NOUVEAU SENS DU SERVICE
Benoît Meyronin nous rappelait en introduction le changement de paradigme, illustré par l’exemple des stations de sports d’hiver qui "ne vendent plus des remontées mais des descentes" ou par les compagnies aériennes qui ne vendent plus un transport rapide mais un service à bord. Presque toutes les entreprises et tous les salariés sont concernés par la relation de service (entre 1993 et 2003, la part des salariés en contact avec le public est passé de 63 à 71%), nouvel élément de différenciation aux yeux des clients. N’est-ce pas ce que nous montre Orange dans sa nouvelle campagne de communication ? Plutôt que de vanter la qualité de leur réseau, ils veulent s’illustrer par le service rendu au client.
SERVUCTION
L’universitaire nous rappelait ensuite le concept de "servuction" (pour service et production) qui décrit le process de création d’un service en relation avec le client. Notion illustrée avec IKEA et ses meubles conçus pour être transportés et vendus moins cher puis montés par le client chez lui. Autres exemples pris par cet universitaire : le site d’entraide de Bouygues telecom (dont Pierre Schaller parle dans l’interview qu’il m’a accordé) et l’opérateur de téléphonie anglais GiffGaff, qui en a fait un positionnement comme le fait comprendre sa signature : "the mobile network run by you" (le réseau mobile que vous dirigez).
Non seulement le marketing des services est prédominant mais le client est invité à participer à l’élaboration des services qui lui sont destinés. Le danger que j’y vois parfois, et que j’ai soutenu dans mon intervention, (illustré par mon billet sur les tendances du sens du client 2010 : "le client sera seul"), c’est que le client se retrouve vraiment tout seul.
La multiplication des canaux et leur automatisation accrue est synonyme dans certaines entreprises d’abandon du client. Certaines entreprises font l’erreur de développer le self care, créer un agent virtuel conversationnel en fermant d’autres canaux, alors que les progrès de la technologie devraient rendre un meilleur service et faire en sorte que les canaux soient complémentaires. Chaque canal a son usage dans la relation client et la plupart du temps, ils se complètent sans se remplacer complètement.
ATTENTES FONDAMENTALES
Laurent Garnier de KPAM (lire l’interview de Laurent Kollen, son associé) a présenté les quatre attentes fondamentales des consommateurs vis-à-vis des marques. Les consommateurs jugent leurs expériences de marques par ce prisme, et, selon lui, ces attentes représentent les piliers de ce que KPAM nomme "l’enchantement relationnel" :
1) La facilitation
2) La transparence
3) La confiance
4) L’humilité
Retrouvez le détail de cette présentation sur leur excellent blog « lien ».
SYMETRIE DES ATTENTIONS
Dernier point clef des discussions et qui est la vraie conclusion de ces présentations et débats : la symétrie des attentions. Un concept sur lequel l’universitaire qu’est Benoît Meyronin et la praticienne qu’est Maria Flament se retrouvent dans leurs interventions. Ce n'est ni plus ni moins que de "prendre soin des équipes pour qu’elles prennent soin des clients".
La clef de la réussite de la relation client est bien là, d’autant que nous devons faire face à deux grands écueils de notre société :
1) Nous avons mis au pouvoir aveuglément les ayatollahs du client roi, ceux qui voudraient imposer la dictature de la satisfaction client à 100%. Cette posture absurde apporte de l'eau au moulin de certains universitaires et idéologues qui nous ressortent le couplet tout aussi absurde sur les "nouvelles servitudes". Les entreprises sont méchantes, les employés sont exploités et asservis au bénéfice d’un client qu’il faut contenter coûte que coûte. Je vous recommande à ce sujet l’excellent article de Xavier de la Vega sur le site Sciences humaines « sens du service, une question d’organisation »
2) Seconde difficulté, je pense qu’en France, il est encore fortement ancré dans les esprits que le fait d’être au service de quelqu’un est dévalorisant. Parler la langue du touriste qui visite notre pays, faire un sourire au client ou tout simplement savoir lui dire bonjour ou merci sont des notions basiques qui sont aux yeux de beaucoup de personnes trop dévalorisantes (lire mon billet "les français handicapés de la relation client ?").
Je regardais à ce propos à la télévision hier soir un reportage sur le Palace français Eden Roc « le paradis des stars » sur France 3. On y voyait des employés heureux de rendre service et de faire la renommée de leur entreprise. Mais on y entendait son patron dire (je cite) à propos de son personnel : "ce sont les anges qui font le paradis". Si en lisant cette phrase vous souriez ou vous me considérez comme naïf, fermez les yeux et remémorez vous les trop rares moments de votre vie de client français ou vous avez eu un vrai bon service. Votre corps se détend, vous êtes bien, vous mettez en perspective l'héritage culturel français de l'esprit critique et vous sentez le sens du client vous envahir...il ne vous reste plus qu'à vous abonner à mon blog et à adhérer à l'AMARC.
Hum, bon pardon...
Revenons à cette notion de symétrie des attentions. La conséquence de la dictature du client amène à négliger ceux qui sont en contact avec lui ou ceux qui le servent. Et le mépris commun pour les attitudes de service rend la tâche encore plus complexe.
La seule solution est d’investir aussi bien sur les employés que sur les clients. Je n’ai pas pu m’empêcher une fois encore de citer Zappos, sa culture et ses valeurs au bénéfice du client et des employés (lire mes billets à ce sujet).
Alors que les occasions de faire la différence se raréfient et que chaque contact humain devient un enjeu pour l’entreprise, les attitudes de service mises en œuvre par chaque personne en contact avec le client sont capitales. Nouvelle preuve : selon une étude IFOP parue la semaine dernière sur la culture du service en France, la 1ère raison d’abandon d’un achat en magasin est l’attitude du vendeur à 65%.
Les meilleures attitudes de service sont rendues possibles par plusieurs facteurs fondamentalement humains :
- Les valeurs de l’entreprise, et au delà, la capacité à les faire vivre et faire en sorte que chacun se les approprie.
- L’exigence dans le recrutement des collaborateurs. Tout le monde n’a pas le sens du service, tout le monde n’est pas empathique.
- La formation des collaborateurs. Le sens du service s’enseigne et s’enrichit par le partage des meilleures pratiques au sein de l’entreprise.
- L’exemplarité et courage du management. Les dirigeants ne doivent pas seulement sauter sur leur chaise comme des cabris en décrétant l’orientation client mais en faire un outil de management et veiller au bien être des salariés. Il faut par exemple savoir se séparer de clients nuisibles, odieux et inutiles et prendre la défense de ses équipes (1 salarié sur quatre en contact avec le public subit des agressions verbales).
Il faut donner un sens à son action, des valeurs et renforcer pouvoir et liberté des collaborateurs au contact du client.
La campagne d’Orange en illustration de ce billet est très représentative de cette nouvelle vague de communication des entreprises de service. On met un scène un employé (qui sort de son agence Orange) et on montre son état d’esprit qui doit à la fois éduquer, inspirer les collaborateurs (il y 20 000 personnes chez Orange au service client) et envoyer un message au client : "nous sommes à votre service et nous en sommes fiers". Je ne dis pas qu'il ne reste pas encore du travail à faire, je dis juste que nous sommes sur la bonne voie !
Pour compléter la lecture de ce billet, vous pourrez aussi lire "les clients viennent en second" et "les dix commandements de la relation client".
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et du bien-être des collaborateurs.
30 juin 2010
Pépites d'or AMARC 2010 : trois raisons de se réjouir
"Transformer le pépin en pépite", c'est le slogan de l'AMARC (Association pour le MAnagement de la Réclamation Client) dont je suis fier d'être membre depuis plus de quatre ans. C'est un leitmotiv que les gagnants des Pépites d'or -organisées par cette association pour la quatrième année- semblent avoir adopté et fait vivre. Le podium de l'année dernière donnait gagnants Total, Philips et Norauto (lire l'interview de Catherine Rucki). Le 25 juin 2010, l’AMARC a donc remis lors de sa 21ème convention les trophées des Pépites d’or 2010 aux entreprises qui se distinguent pour leur excellence dans le traitement des réclamations clients.
Premier bon signe : la grande conso prend conscience de l'importance du dialogue avec le client.
Cette année, le secteur de la grande consommation est à l'honneur avec General Mills France (qui gère entre autres les marques Old El Paso, Häagen Dazs et Géant Vert) qui obtient la Pépite d'Or.
J'y vois un signe parmi d'autres du virage emprunté par les marques réputées pour leur marketing de masse, vers le dialogue avec le client. Dans des entreprises mondiales de produits de grande consommation, telle que General Mills, l'orientation client ne signifie souvent que l'écoute passive (et sophistiquée) des clients dans des études qualitatives et quantitatives ayant pour seul but d'améliorer le produit.
Un marketing solide, qui a fait ses preuves depuis plus d'un demi-siècle, enseigné dans toutes les grandes écoles de commerce de la planète, donne toujours la vision du client "en masse" par des segments figés dans le temps, indifférente aux conversations en cours sur les marques. Mais un nouvel âge est arrivé avec la montée en puissance d'un nouveau canal qui pousse les grandes marques dans la conversation : Internet (lire mon billet Le nouvel âge de la relation client). Désormais, nul ne peut ignorer que son client est aventureux, moins sensible au monologue de la publicité et prêt à changer à la moindre sollicitation (lire mon billet sur les 10 tendances du Sens du client 2010).
Il semble de moins en moins acceptable pour un client de ne pas être entendu et il lui semble de plus en plus important de s'exprimer sur ses expériences de consommateur. J'apprends à ce sujet il y a quelques jours que, selon une étude de l'IFOP, 61% des consommateurs sont "prêts à partager un commentaire sur un produit avec une communauté".
Fabienne Le Merdy, Responsable des Relations Consommateurs de General Mills (en photo enthousiaste, le trophée en mains, avec son équipe en illustration de ce billet), a bien compris cette tendance quand elle déclare "Cette deuxième Pépite d’or confirme notre volonté de maintenir un dialogue de qualité avec nos consommateurs. Notre équipe Relation Consommateurs s’investit dans une démarche d’excellence qui vise à satisfaire et à fidéliser nos consommateurs (...)".
Relisez bien ses mots : elle parle de dialogue, de satisfaction et de fidélisation. Un registre de langage jadis dévolu aux marques ayant un contact direct et permanent avec ses clients (vépécistes, banquiers, opérateurs de téléphone, assureurs...).
La révolution est en marche !
Deuxième bon signe : on peut être grand et fort, et orienté client.
McDonald's monte sur le podium pour recevoir la pépite d'argent. La chaine de restaurants américaine ne se contente pas de gagner en qualité avec ses produits, en image avec ses points de vente et en crédibilité avec ses démarches de responsabilité sociale : elle investit dans la relation client. Quoi de plus fort que de soutenir son service consommateurs en interne pour apporter une preuve supplémentaire à son positionnement ? La taille gigantesque et la croissance insolente poussent parfois au cynisme avec le client final : ce n'est pas le cas de l'enseigne aux "golden arches".
Nathalie Febvre-Igonet, Responsable du Service Consommateurs de McDonald’s France déclare : "Cette
distinction récompense notre souci constant d'améliorer notre service auprès des clients."
Ayant été son concurrent en France (les services consommateurs de KFC et Pizza Hut étaient sous ma responsabilité), je peux vous dire que je savais où trouver les meilleures pratiques et McDonald's faisait partie de mon panel régulier.
Dernier bon signe : pas besoin d'être connu pour se distinguer
La pépite de bronze a été remise à Keolis Rennes. Vous ne les connaissez pas ? C'est logique : une entreprise de transport en commun assez discrète se distingue par la qualité de son service clients. J'y vois aussi un bon signe dans la mesure ou l'excellence en relation client n'est pas l'apanage des entreprises du CAC 40 qui, sous le feu des projecteurs, s'orientent vers le client par nécessité ou par mode.
Si Keolis est une entreprise de grande taille leader du marché français dans le transport urbain, Kéolis Rennes n'est qu'une petite partie de cette entreprise aussi grande que discrète. Bravo à eux !
Quelques précisions : les pépites d'or sont réservées aux entreprises membres de l'AMARC : un échantillon de 240 entreprises (où l'on trouve 75% du CAC 40) qui peuvent s'y inscrire gratuitement.
Chaque entreprise est auditée sur l’ensemble de ses canaux de dépôts de réclamations ouverts : courrier, email et téléphone. Chaque canal fait l’objet de trois interactions, pour chacune d’entre elles, seule la première réponse apportée (hors simple accusé de réception) est analysée.
L’édition 2010 des Pépites d’or a réuni 135 entreprises adhérentes autour de ce challenge.
L’enquête et l’analyse des résultats sont réalisés par l’Université de Haute Alsace.
Les pépites d'or viennent s'ajouter à mon grand palmarès annuel du Prix des prix du Sens du client qui avait vu la victoire en 2009 de Toyota. Qui gagnera en 2010 ?
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et des enthousiastes qui trouvent toujours des raisons de se réjouir et d'espèrer.
Premier bon signe : la grande conso prend conscience de l'importance du dialogue avec le client.
Cette année, le secteur de la grande consommation est à l'honneur avec General Mills France (qui gère entre autres les marques Old El Paso, Häagen Dazs et Géant Vert) qui obtient la Pépite d'Or.
J'y vois un signe parmi d'autres du virage emprunté par les marques réputées pour leur marketing de masse, vers le dialogue avec le client. Dans des entreprises mondiales de produits de grande consommation, telle que General Mills, l'orientation client ne signifie souvent que l'écoute passive (et sophistiquée) des clients dans des études qualitatives et quantitatives ayant pour seul but d'améliorer le produit.
Un marketing solide, qui a fait ses preuves depuis plus d'un demi-siècle, enseigné dans toutes les grandes écoles de commerce de la planète, donne toujours la vision du client "en masse" par des segments figés dans le temps, indifférente aux conversations en cours sur les marques. Mais un nouvel âge est arrivé avec la montée en puissance d'un nouveau canal qui pousse les grandes marques dans la conversation : Internet (lire mon billet Le nouvel âge de la relation client). Désormais, nul ne peut ignorer que son client est aventureux, moins sensible au monologue de la publicité et prêt à changer à la moindre sollicitation (lire mon billet sur les 10 tendances du Sens du client 2010).
Il semble de moins en moins acceptable pour un client de ne pas être entendu et il lui semble de plus en plus important de s'exprimer sur ses expériences de consommateur. J'apprends à ce sujet il y a quelques jours que, selon une étude de l'IFOP, 61% des consommateurs sont "prêts à partager un commentaire sur un produit avec une communauté".
Fabienne Le Merdy, Responsable des Relations Consommateurs de General Mills (en photo enthousiaste, le trophée en mains, avec son équipe en illustration de ce billet), a bien compris cette tendance quand elle déclare "Cette deuxième Pépite d’or confirme notre volonté de maintenir un dialogue de qualité avec nos consommateurs. Notre équipe Relation Consommateurs s’investit dans une démarche d’excellence qui vise à satisfaire et à fidéliser nos consommateurs (...)".
Relisez bien ses mots : elle parle de dialogue, de satisfaction et de fidélisation. Un registre de langage jadis dévolu aux marques ayant un contact direct et permanent avec ses clients (vépécistes, banquiers, opérateurs de téléphone, assureurs...).
La révolution est en marche !
Deuxième bon signe : on peut être grand et fort, et orienté client.
McDonald's monte sur le podium pour recevoir la pépite d'argent. La chaine de restaurants américaine ne se contente pas de gagner en qualité avec ses produits, en image avec ses points de vente et en crédibilité avec ses démarches de responsabilité sociale : elle investit dans la relation client. Quoi de plus fort que de soutenir son service consommateurs en interne pour apporter une preuve supplémentaire à son positionnement ? La taille gigantesque et la croissance insolente poussent parfois au cynisme avec le client final : ce n'est pas le cas de l'enseigne aux "golden arches".
Nathalie Febvre-Igonet, Responsable du Service Consommateurs de McDonald’s France déclare : "Cette
distinction récompense notre souci constant d'améliorer notre service auprès des clients."
Ayant été son concurrent en France (les services consommateurs de KFC et Pizza Hut étaient sous ma responsabilité), je peux vous dire que je savais où trouver les meilleures pratiques et McDonald's faisait partie de mon panel régulier.
Dernier bon signe : pas besoin d'être connu pour se distinguer
La pépite de bronze a été remise à Keolis Rennes. Vous ne les connaissez pas ? C'est logique : une entreprise de transport en commun assez discrète se distingue par la qualité de son service clients. J'y vois aussi un bon signe dans la mesure ou l'excellence en relation client n'est pas l'apanage des entreprises du CAC 40 qui, sous le feu des projecteurs, s'orientent vers le client par nécessité ou par mode.
Si Keolis est une entreprise de grande taille leader du marché français dans le transport urbain, Kéolis Rennes n'est qu'une petite partie de cette entreprise aussi grande que discrète. Bravo à eux !
Quelques précisions : les pépites d'or sont réservées aux entreprises membres de l'AMARC : un échantillon de 240 entreprises (où l'on trouve 75% du CAC 40) qui peuvent s'y inscrire gratuitement.
Chaque entreprise est auditée sur l’ensemble de ses canaux de dépôts de réclamations ouverts : courrier, email et téléphone. Chaque canal fait l’objet de trois interactions, pour chacune d’entre elles, seule la première réponse apportée (hors simple accusé de réception) est analysée.
L’édition 2010 des Pépites d’or a réuni 135 entreprises adhérentes autour de ce challenge.
L’enquête et l’analyse des résultats sont réalisés par l’Université de Haute Alsace.
Les pépites d'or viennent s'ajouter à mon grand palmarès annuel du Prix des prix du Sens du client qui avait vu la victoire en 2009 de Toyota. Qui gagnera en 2010 ?
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et des enthousiastes qui trouvent toujours des raisons de se réjouir et d'espèrer.
Libellés :
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Service client / réclamations,
Transport
26 juin 2010
Patrick Petitjean (April Assurances) et le Sens du client
J’ai rencontré Patrick Petitjean à l’occasion du séminaire annuel pour les managers d’April Assurances 2010 dont le thème était…le sens du client !
Ayant vu l'entreprise de l'intérieur et été invité à donner mon point de vue sur ce sujet qui me passionne auprès des équipes d'encadrement, j’ai été sincèrement étonné de la proximité de nos discours et de l’enthousiasme qui régnait dans cette jeune entreprise quand on évoquait le mot "client".
C’est pourquoi j’ai pensé utile d’interviewer le PDG d’April Assurances pour le blog du sens du client et vous faire partager son point de vue.
Dès sa création en 1988, cette société s’est donnée pour mission « de faire changer l’image de l’assurance auprès de ses clients et partenaires, en s’attachant à rendre simple un univers qui se complait dans la complexité ».
Dans son discours, dans ses valeurs et dans son action, April Assurances est vraiment orienté client.
Deux preuves tangibles de cette orientation :
- Tous les documents relatifs à un assuré sont numérisés, ce qui les rend accessibles instantanément lors d’un échange avec April assurances.
- Les conditions générales des contrats ont été rendues plus simples et plus claires, pour favoriser la transparence et rendre plus accessible et lisible les garanties.
Le challenge dans le domaine de la relation client est d’autant plus difficile qu’April Assurances est majoritairement distribués par 13 000 assureurs conseils indépendants en France et ne maitrise pas complètement la relation avec les assurés. Dans ce domaine, afin d'accroître l'expertise de ses distributeurs, April a créé une Université du Courtage.
On a vu dans de nombreux marchés naître de nouveaux acteurs et, chose remarquable, ils se sont tous positionnés sur la qualité de la relation client. Par son exigence dans le domaine, April Assurances me fait penser à Bouygues Telecom. La seule différence est que dans le domaine de l’assurance, il y a des acteurs déjà très orientés sur la relation client et parmi eux la MAIF dont j’ai déjà eu l’occasion de parler sur ce blog (lire le podium de la relation client 2010 et l’interview).
Je suis très heureux de vous faire découvrir les réponses de Patrick Petitjean au questionnaire du Sens du client.
Qui êtes-vous ?
J’assure plusieurs fonctions au sein d’April Group : Vice-Président du Conseil d’Administration, PDG de la holding dédiée aux activités de prévoyance et santé, PDG d’April Assurances et, enfin, Président de L’Université April.
Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu’ « avoir le sens du client » ?
Avoir le sens client pour une entreprise, c’est avant tout une posture ou un principe d’action qui sous-tend la relation qu’elle souhaite construire avec ses collaborateurs au bénéfice de ceux qui lui font confiance.
Avoir le sens client, c’est veiller à ce que chacun dans l’organisation prenne systématiquement le parti du client en ayant envie de lui donner envie non seulement de rester client mais de devenir un véritable ambassadeur de la marque.
Avoir le sens client, enfin, c’est instaurer des relations conviviales, humaines et éminemment respectueuses des autres, tant dans l’entreprise entre ses collaborateurs qu’avec ses partenaires ou ses clients.
Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ?
La relation client s’est progressivement imposée comme un nouveau dogme de management dans beaucoup d’entreprises.
Elle fut très longtemps au cœur du discours téléphonique notamment.
Aujourd’hui, internet a modifié la donne. Le client devient de plus en plus virtuel et interconnecté, capable de fait d’agir avec puissance et résonnance.
La relation client doit ainsi s’adapter à ce nouveau contexte en développant une approche multicanale du client.
En fait, la relation client fait surtout référence pour moi à la technique, aux technologies ; ce qui en fait déjà un concept dépassé.
L’avenir, c’est avant tout le sens client, seul à même de faire la différence ; l’heure est au management comportemental pour des acteurs de l’entreprise préparés et passionnés par leurs clients.
Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ?
Dans notre métier et dans le secteur de l’assurance, j’ai aimé la façon dont nos collaborateurs ayant à intervenir en capital décès auprès de familles frappées par une récente catastrophe se sont mobilisés pour accompagner chacune d’entre elles en veillant, avec une extrême compassion, à aller au-delà de l’attendu que ces situations nécessitaient.
C’est ainsi que le règlement fut effectué « dans l’heure », sans attendre quoi que ce soit.
Ce qui fut remarquable, c’est la façon dont nos collaborateurs, face à une telle situation, se sont mis au service et en symbiose avec leurs clients si cruellement frappés.
Interview réalisée par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client.
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Interviews
19 juin 2010
Design et Sens du client
Je me souviens d'une conférence à laquelle j'ai assisté aux États-Unis il y a 3 ans pendant laquelle le brillant invité nous parlait de marketing orienté client. A la manière des meilleurs speakers américains, il ménageait ses effets sur scène pour ravir l'audience. Son sujet était "marketing is design"* et il prétendait nous présenter un outil révolutionnaire qui tenait dans la poche de sa veste. "Le parfait outil d'auto-formation pour marketer du 21è siècle, plus léger qu'un iphone et plus efficace qu'un manuel de marketing" prétendait-il.
Avec un sens du suspens remarquable, il nous tint en haleine pendant un bon quart d'heure avant de sortir de sa poche un petit carnet papier tout simple. Après quelques rires dans la salle ponctués de plusieurs "oh my God !", il nous indiqua qu'il notait chaque jour deux choses sur son carnet. Sur la page de gauche, un "good design", sur la page de droite un "bad design".
Il prétendait avec un extraordinaire bon sens -que seuls une présence sur scène, les tempes grisonnantes et le background de vingt ans de marketing autorisent-, que tout était affaire de "design". Design au sens de "façon de concevoir les choses pour les utilisateurs, consommateurs, usagers ou clients".
Chaque jour, en tant que client, nous sommes confrontés à des situations avec des produits, des services, des magasins ou des sites qui nous enchantent ou nous irritent.
Rien de tel qu'en faire une liste chaque jour et s'y replonger pour apprendre ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter.
Je voudrais ouvrir pour vous mon carnet personnel, ou plutôt mon album photo de téléphone, et vous faire partager mes trois dernières expériences de bon et mauvais design.
Mauvais design : le TGV sud ouest.
Commençons par l'exemple qui mérite un livre tant il est catastrophique et embarrassant : les TGV "Christian Lacroix" (en photo à gauche). J'ai une pensée pour ce pauvre Monsieur Lacroix qui a mis son nom sur ce design des TGV desservant le sud ouest de la France. A vrai dire, il n'a signé certainement que les couleurs (plutôt réussies) et n'est en rien responsable de tous les irritants de ce moyen de transport rapide de la SNCF. On gagne un peu en look et en espace en seconde classe, mais le reste est dramatique.
Que diriez-vous d'une tablette qui n'a pas de rebord : idéal pour faire glisser son magazine ou son téléphone ? Que pensez-vous d'un séparateur d'appui-tête en plastique proéminent qui vous ruine le front quand vous dormez ou que vous voulez embrasser votre voisin(e) ?
Du reste, on dit parfois d'un objet qu'il est "design". Vu par un bureau d'étude sur un écran ou dans un beau magazine, c'est certain. Mais vécu par un utilisateur, c'est autre chose. Il arrive même que pour acquérir soi-même un objet "design", on sacrifie le confort et l'usage quotidien : un comble ! (ou alors appelons ça une œuvre d'art).
Autre absurdité : comment appuyer dans les toilettes sur un bouton métallique déclenchant le sèche-mains avec des mains mouillées ?
Si les sièges s'inclinent légèrement, ils sont deux fois moins épais et confortables qu'un siège du train Corail Paris Caen (et je sais de quoi je parle).
Les petits accoudoirs au bout en plastique se replient au moindre mouvement du coude, les poubelles vous restent dans les mains, les rangements individuels n'ont pas d'intérêt évident...
La bonne nouvelle est que ces rames vivront moins longtemps que les autres, tant elles vieillissent mal. Jetez un oeil aux sièges, aux tables en verre du wagon bar et vous verrez où mène un "bad design".
Je ne vais pas m'énerver plus sur ce sujet et voudrais partager avec vous deux petites et bonnes idées de la semaine, conçues par des personnes ayant le sens du client. Le Sens du client est selon moi une capacité à se mettre à la place du client tout simplement. Celà vaut pour les spécialistes du marketing mais également pour tous les concepteurs, les architectes, les créateurs et les designers de notre quotidien. Qu'ils soient bénis ou pendus, que leurs oreilles sifflent chaque jour ou leur influence sur les choses fasse des heureux, vous ne pouvez pas les ignorer.
Bon design : à l'hôtel et chez le dentiste
Félicitons donc les heureux inventeurs de deux aménagements du quotidien, en illustration de ce billet.
Tout d'abord, la poignée de porte qui n'en est pas une dans un hôtel B&B. On ouvre la porte des toilettes avec le coude grâce à un système ingénieux et assez intuitif qui vous permet de ne pas partager vos microbes avec vos congénères. Etonnant, non ?
Seconde idée, née de l'esprit d'une personne qui a imaginé comment améliorer le quotidien du patient d'un cabinet de dentiste -en se mettant littéralement à sa place- : l'écran fixé au plafond au dessus du fauteuil qui diffuse des films apaisants. N'est-ce pas une idée toute simple et magnifique ?
Plusieurs précisions : "*marketing is design" est aussi le nom de l'excellent blog d'Alice Blondel que j'ai le plaisir de connaitre grâce à Antonia et Stéphane. L'hôtel B&B se trouve à Laval et le dentiste (de ma fille cadette) à Paris 51 rue de la pompe pour les amateurs de bon design et d'excellent accueil.
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et du bon design.
Avec un sens du suspens remarquable, il nous tint en haleine pendant un bon quart d'heure avant de sortir de sa poche un petit carnet papier tout simple. Après quelques rires dans la salle ponctués de plusieurs "oh my God !", il nous indiqua qu'il notait chaque jour deux choses sur son carnet. Sur la page de gauche, un "good design", sur la page de droite un "bad design".
Il prétendait avec un extraordinaire bon sens -que seuls une présence sur scène, les tempes grisonnantes et le background de vingt ans de marketing autorisent-, que tout était affaire de "design". Design au sens de "façon de concevoir les choses pour les utilisateurs, consommateurs, usagers ou clients".
Chaque jour, en tant que client, nous sommes confrontés à des situations avec des produits, des services, des magasins ou des sites qui nous enchantent ou nous irritent.
Rien de tel qu'en faire une liste chaque jour et s'y replonger pour apprendre ce qu'il faut faire et ce qu'il faut éviter.
Je voudrais ouvrir pour vous mon carnet personnel, ou plutôt mon album photo de téléphone, et vous faire partager mes trois dernières expériences de bon et mauvais design.
Mauvais design : le TGV sud ouest.
Commençons par l'exemple qui mérite un livre tant il est catastrophique et embarrassant : les TGV "Christian Lacroix" (en photo à gauche). J'ai une pensée pour ce pauvre Monsieur Lacroix qui a mis son nom sur ce design des TGV desservant le sud ouest de la France. A vrai dire, il n'a signé certainement que les couleurs (plutôt réussies) et n'est en rien responsable de tous les irritants de ce moyen de transport rapide de la SNCF. On gagne un peu en look et en espace en seconde classe, mais le reste est dramatique.
Que diriez-vous d'une tablette qui n'a pas de rebord : idéal pour faire glisser son magazine ou son téléphone ? Que pensez-vous d'un séparateur d'appui-tête en plastique proéminent qui vous ruine le front quand vous dormez ou que vous voulez embrasser votre voisin(e) ?
Du reste, on dit parfois d'un objet qu'il est "design". Vu par un bureau d'étude sur un écran ou dans un beau magazine, c'est certain. Mais vécu par un utilisateur, c'est autre chose. Il arrive même que pour acquérir soi-même un objet "design", on sacrifie le confort et l'usage quotidien : un comble ! (ou alors appelons ça une œuvre d'art).
Autre absurdité : comment appuyer dans les toilettes sur un bouton métallique déclenchant le sèche-mains avec des mains mouillées ?
Si les sièges s'inclinent légèrement, ils sont deux fois moins épais et confortables qu'un siège du train Corail Paris Caen (et je sais de quoi je parle).
Les petits accoudoirs au bout en plastique se replient au moindre mouvement du coude, les poubelles vous restent dans les mains, les rangements individuels n'ont pas d'intérêt évident...
La bonne nouvelle est que ces rames vivront moins longtemps que les autres, tant elles vieillissent mal. Jetez un oeil aux sièges, aux tables en verre du wagon bar et vous verrez où mène un "bad design".
Je ne vais pas m'énerver plus sur ce sujet et voudrais partager avec vous deux petites et bonnes idées de la semaine, conçues par des personnes ayant le sens du client. Le Sens du client est selon moi une capacité à se mettre à la place du client tout simplement. Celà vaut pour les spécialistes du marketing mais également pour tous les concepteurs, les architectes, les créateurs et les designers de notre quotidien. Qu'ils soient bénis ou pendus, que leurs oreilles sifflent chaque jour ou leur influence sur les choses fasse des heureux, vous ne pouvez pas les ignorer.
Bon design : à l'hôtel et chez le dentiste
Félicitons donc les heureux inventeurs de deux aménagements du quotidien, en illustration de ce billet.
Tout d'abord, la poignée de porte qui n'en est pas une dans un hôtel B&B. On ouvre la porte des toilettes avec le coude grâce à un système ingénieux et assez intuitif qui vous permet de ne pas partager vos microbes avec vos congénères. Etonnant, non ?
Seconde idée, née de l'esprit d'une personne qui a imaginé comment améliorer le quotidien du patient d'un cabinet de dentiste -en se mettant littéralement à sa place- : l'écran fixé au plafond au dessus du fauteuil qui diffuse des films apaisants. N'est-ce pas une idée toute simple et magnifique ?
Plusieurs précisions : "*marketing is design" est aussi le nom de l'excellent blog d'Alice Blondel que j'ai le plaisir de connaitre grâce à Antonia et Stéphane. L'hôtel B&B se trouve à Laval et le dentiste (de ma fille cadette) à Paris 51 rue de la pompe pour les amateurs de bon design et d'excellent accueil.
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et du bon design.
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13 juin 2010
Philippe Ceyrac (AACC) et le Sens du client
J'accueille aujourd'hui sur le blog du Sens du client Philippe Ceyrac le sympathique Président de la délégation Marketing Services de l'AACC qui regroupe 25 agences conseil "exerçant leur activité principalement dans le domaine du Marketing et de la Communication Clients". Ces agences ont considérablement évolué dans les vingt dernières années, passant du marketing direct traditionnel au marketing services on et off-line. Il est vrai qu'aujourd'hui le terme "marketing direct" -qui qualifiait il y a encore quelques années une communication adressée à une personne lui donnant les moyens de répondre directement (par opposition à la publicité)- ne correspond plus à la réalité sous l'influence du développement d'Internet d'une part et de l'ouverture des canaux de relation avec le client d'autre part. De même, les distinctions "above the line/below the line" et Média/hors média ne me semblent plus que des notions du passé, utiles à segmenter les investissements dans les supports de communication et affecter des ressources humaines dans l'entreprise et chez son prestataire. Il existe encore malheureusement des agences conseil et des programmes de grandes écoles qui défendent ces notions passéistes.
Nous vivons une période charnière du domaine du marketing, laissant derrière nous le marketing produit centré sur l'entreprise pour entrer dans le marketing orienté client. Dans le même temps, du côté des agences et chez certains annonceurs en avance, l'approche holistique s'impose avec l'IMC (Integrated Marketing Communication).
L'avenir est bien dans l'orientation client et la délégation marketing services de l'AACC présidée par Philippe Ceyrac est bien placée pour accompagner ces changements. Premier signe de la volonté de faire changer les choses : le fait de rendre public le RelationShipScore que j'ai qualifié récemment dans un billet de Goncourt de la relation client. Je vous recommande de vous le procurer.
La parole est maintenant à Philippe Ceyrac qui a bien voulu répondre aux questions du blog du Sens du client.
Qui êtes-vous ?
J’ai passé plus de 30 ans en agence de communication , au sein de grands groupes publicitaires comme Young et Rubicam, Havas, Grey ou d’agences indépendantes comme Mediavente avec une culture issue principalement du marketing direct et plus largement bien sûr du marketing relationnel sous toutes ses formes. J’étais jusqu’à février 2010 Président de l’agence G2 Paris (Grey/ WPP) et suis actuellement Président de la délégation marketing services de l’AACC ainsi que vice-président de l’IREP (institut de la recherche et des études publicitaires).
Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu’ « avoir le sens du client » ?
Au départ,considérer que le client est un véritable actif de l’entreprise au même titre que ses autres actifs matériels ou immatériels, un « capital » qu’il s’agit de construire et de développer. Réaliser que c’est le client qui maintenant décide et sait décoder toute forme de « marketing washing » (tout comme l’on parle de green washing), d’artifice commercial. Cela n’exclut pas la volonté de séduire ou de convaincre mais oblige à rentrer dans un discours de sincérité et de cohérence. Un client fidèle c’est un client à qui l’on dit la vérité même quand cela va mal. Avoir le sens du client, c’est savoir établir et respecter cette relation de confiance et être convaincu que c’est une grande personne !
Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ?
Elle prend de plus en plus d’importance dans beaucoup d’entreprises (il n’y a qu’à observer l’évolution et le très bon score de certains secteurs au sein du baromètre RelationShipScore développé par l’AACC depuis 6 ans).
Ceci dit elle reste encore parfois perçue comme une contrainte difficile à gérer par peur ne pas pouvoir maitriser la situation (réseaux sociaux, buzz négatif, réactions en ligne….).
Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ?
Je garde en mémoire l’exemple de l’USAA , la mutuelle des militaires américains qui vendait ses produits et services à travers une plateforme de plusieurs milliers de télévendeurs réunis dans un bâtiment plus grand que le Pentagone et qui avaient interdiction d’appeler le client pour vendre (alors qu’ils avaient une tonne d’infos sur eux) mais répondaient uniquement à leurs appels à l’issue des « magalogues » que la compagnie leur envoyait et créait ainsi une véritable relation basée sur le besoin du client et non la vente d’un produit. C’était il y a plus de 20 ans et je ne suis pas sûr que l’on ait fait mieux en la matière !
Interview réalisée par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client chez l'annonceur et en agence.
Nous vivons une période charnière du domaine du marketing, laissant derrière nous le marketing produit centré sur l'entreprise pour entrer dans le marketing orienté client. Dans le même temps, du côté des agences et chez certains annonceurs en avance, l'approche holistique s'impose avec l'IMC (Integrated Marketing Communication).
L'avenir est bien dans l'orientation client et la délégation marketing services de l'AACC présidée par Philippe Ceyrac est bien placée pour accompagner ces changements. Premier signe de la volonté de faire changer les choses : le fait de rendre public le RelationShipScore que j'ai qualifié récemment dans un billet de Goncourt de la relation client. Je vous recommande de vous le procurer.
La parole est maintenant à Philippe Ceyrac qui a bien voulu répondre aux questions du blog du Sens du client.
Qui êtes-vous ?
J’ai passé plus de 30 ans en agence de communication , au sein de grands groupes publicitaires comme Young et Rubicam, Havas, Grey ou d’agences indépendantes comme Mediavente avec une culture issue principalement du marketing direct et plus largement bien sûr du marketing relationnel sous toutes ses formes. J’étais jusqu’à février 2010 Président de l’agence G2 Paris (Grey/ WPP) et suis actuellement Président de la délégation marketing services de l’AACC ainsi que vice-président de l’IREP (institut de la recherche et des études publicitaires).
Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu’ « avoir le sens du client » ?
Au départ,considérer que le client est un véritable actif de l’entreprise au même titre que ses autres actifs matériels ou immatériels, un « capital » qu’il s’agit de construire et de développer. Réaliser que c’est le client qui maintenant décide et sait décoder toute forme de « marketing washing » (tout comme l’on parle de green washing), d’artifice commercial. Cela n’exclut pas la volonté de séduire ou de convaincre mais oblige à rentrer dans un discours de sincérité et de cohérence. Un client fidèle c’est un client à qui l’on dit la vérité même quand cela va mal. Avoir le sens du client, c’est savoir établir et respecter cette relation de confiance et être convaincu que c’est une grande personne !
Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ?
Elle prend de plus en plus d’importance dans beaucoup d’entreprises (il n’y a qu’à observer l’évolution et le très bon score de certains secteurs au sein du baromètre RelationShipScore développé par l’AACC depuis 6 ans).
Ceci dit elle reste encore parfois perçue comme une contrainte difficile à gérer par peur ne pas pouvoir maitriser la situation (réseaux sociaux, buzz négatif, réactions en ligne….).
Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ?
Je garde en mémoire l’exemple de l’USAA , la mutuelle des militaires américains qui vendait ses produits et services à travers une plateforme de plusieurs milliers de télévendeurs réunis dans un bâtiment plus grand que le Pentagone et qui avaient interdiction d’appeler le client pour vendre (alors qu’ils avaient une tonne d’infos sur eux) mais répondaient uniquement à leurs appels à l’issue des « magalogues » que la compagnie leur envoyait et créait ainsi une véritable relation basée sur le besoin du client et non la vente d’un produit. C’était il y a plus de 20 ans et je ne suis pas sûr que l’on ait fait mieux en la matière !
Interview réalisée par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client chez l'annonceur et en agence.
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07 juin 2010
Faites vous livrer du bonheur par Tony Hsieh
C'est aujourd'hui que sort le livre "Delivering Happines" écrit par Tony Hsieh le patron de Zappos, l'entreprise que j'avais élue "marque de l'année du Sens du client".
Vous pouvez commander ce livre sur Amazon, vous plonger dans le site dédié au livre, relire ma première critique et découvrir l'excellente campagne de publicité de Zappos dans ma rubrique Applaudissement.
Ce livre, écrit par le Président de l'entreprise de vente à distance (chaussures, appareils ménagers et prêt-à-porter) rachetée par Amazon il y a bientôt un an, raconte l'aventure de cette enseigne d'un nouveau type.
En quoi est-elle remarquable ?
L'étude la plus spectaculaire est sans aucun doute celle menée en fin d'année dernière par Genesys dans 16 pays. On y apprend que "la qualité insuffisante du service client entraîne par an la perte de 338,5 milliards de dollars, perte induite par des contrats résiliés et des ventes annulées".
Les secteurs "en tête", si je puis dire, de ce classement sont : les services financiers, la télévision par câble et par satellite, et les télécommunications.
D'après l'étude, la valeur moyenne d’une relation perdue s’établit à 243 dollars par an, 63 % des pertes totales allant à la concurrence et 37% étant des abandons purs et simples.
Selon cette étude menée par Greenfield Online et Datamonitor/Ovum auprès de 8880 consommateurs, les clients sondés souhaitent comme première piste d'amélioration un service assuré par un agent humain à 40%. "Ils souhaitent donc que leurs interactions soient traitées comme une conversation." et "une meilleure intégration des canaux de communication". C'est le choix de Zappos qui combine une commande en ligne avec un centre d'appel ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 via un numéro d'appel gratuit.
Lire le compte rendu de cette étude en français sur le site Relationclient.net .
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client amateurs de livres aspirationnels.
Vous pouvez commander ce livre sur Amazon, vous plonger dans le site dédié au livre, relire ma première critique et découvrir l'excellente campagne de publicité de Zappos dans ma rubrique Applaudissement.
Ce livre, écrit par le Président de l'entreprise de vente à distance (chaussures, appareils ménagers et prêt-à-porter) rachetée par Amazon il y a bientôt un an, raconte l'aventure de cette enseigne d'un nouveau type.
En quoi est-elle remarquable ?
- Elle a fait de l'orientation client une de ses valeurs, ce qui selon moi est déterminant.
- Elle a mis en actes sa promesse de satisfaire ses clients. Ces valeurs ne sont pas que des mots.
- Elle a fait savoir à ses clients qu'elle était orientée client (ses campagnes de communication sont orientées exclusivement sur ce thème).
- Elle a fixé comme critère d'embauche l'empathie et le sens du client.
- Elle a donné a ses employés le pouvoir et la liberté nécessaire pour agir dans l'intérêt du client.
L'étude la plus spectaculaire est sans aucun doute celle menée en fin d'année dernière par Genesys dans 16 pays. On y apprend que "la qualité insuffisante du service client entraîne par an la perte de 338,5 milliards de dollars, perte induite par des contrats résiliés et des ventes annulées".
Les secteurs "en tête", si je puis dire, de ce classement sont : les services financiers, la télévision par câble et par satellite, et les télécommunications.
D'après l'étude, la valeur moyenne d’une relation perdue s’établit à 243 dollars par an, 63 % des pertes totales allant à la concurrence et 37% étant des abandons purs et simples.
Selon cette étude menée par Greenfield Online et Datamonitor/Ovum auprès de 8880 consommateurs, les clients sondés souhaitent comme première piste d'amélioration un service assuré par un agent humain à 40%. "Ils souhaitent donc que leurs interactions soient traitées comme une conversation." et "une meilleure intégration des canaux de communication". C'est le choix de Zappos qui combine une commande en ligne avec un centre d'appel ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 via un numéro d'appel gratuit.
Lire le compte rendu de cette étude en français sur le site Relationclient.net .
Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client amateurs de livres aspirationnels.
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06 juin 2010
Podium relation client 2010 : focus sur le digital
Le 7ème podium de la Relation client TNS Sofres Bearingpoint vient d'annoncer les lauréats 2010. Le podium est issu d'une étude réalisée en avril 2010 auprès de 4 067 internautes, représentatifs de la population française. Le questionnaire porte cette année sur 175 entreprises (75 de plus que l'an dernier), dans 11 secteurs d’activité (un de plus qu'en 2009).
Sont distingués, toutes catégories confondues :
1er Mercedes Benz
2ème MAIF
3ème (ex aequo) DARTY et YVES ROCHER.
On notera la disparition de Toyota qui occupait la première marche l'an dernier et la seconde en 2008. J'imagine que la crise des rappels de véhicules a du peser sur l'expression des clients. Un constructeur automobile qui occupe une place de challenger sur son marché (tout comme Toyota) est désormais numéro 1 de la relation client. La MAIF confirme comme chaque année sa remarquable constance, ayant été deuxième l'année dernière et premier en 2008 (lire mon interview ici). La distribution spécialisée, présente l'année dernière dans le trio de tête avec Nocibé, est cette année honorée avec deux enseignes ayant eu la meilleure note : Darty et Yves Rocher.
Trois secteurs dominent, le client semble encore plus exigeant.
Comme le signalent TNS Sofres et Bearingpoint dans leur rapport, ces trois secteurs (Automobile, assurances et distribution spécialisée) dominent encore cette année, même si aucun secteur n'obtient en moyenne une note au dessus de 7. Le Transport, les Entreprises de service et le Service public sont quant à eux les trois secteurs du bas du classement.
Premier commentaire général des deux sociétés organisatrices de ce podium : "Le client "dans la crise" a clairement haussé ses niveaux d’exigence, d’impatience, de distance, voire de défiance".
L'écart se creuse entre meilleurs et moins bons.
Deuxième enseignement de l'étude : l'écart dans chaque secteur se creuse entre les meilleurs et les moins bons. Cet écart illustre les choix très variables des entreprises concernant la relation client comme élément de différenciation. Exception notable à cette tendance : le secteur Téléphonie fixe et FAI dont les écarts se réduisent entre les acteurs, preuve que la relation client est le nouveau terrain de bataille des fournisseurs. Après des années de relation client sacrifiée sur l'autel de la croissance et de la conquête de parts de marché, on se concentre sur le client et sa fidélisation (du reste, même si ce secteur est 8ème sur 11, c'est celui qui "perd" le moins cette année parmi les 11 secteurs).
Les nouvelles priorité du client
Selon TNS Sofres et Bearingpoint, certaines dimensions se révèlent plus importantes que d'autres dans la construction d'une relation client de qualité. Comme pour illustrer mon article sur les tendances du Sens du client 2010, "le client sera entendu, le client sera seul et le client sera amélioré", Rapidité / Réponse, Information, Service adapté, Joignabilité, Ecoute et Contact sont des "valeurs à la hausse" dans l'étude. Les entreprises sont désormais jugées sur leur capacité à répondre rapidement et fournir une réponse personnalisée, ce qui donne évidemment un avantage aux entreprises orientées client ayant une vraie politique de relation client sur Internet.
Fidélité, Info point de vente, Info Téléphone et Innovation sont les 4 valeurs en baisse, comme pour illustrer le fait que le client se recentre sur des attentes "basiques" de relation, à la recherche de simplicité et moins sensible aux innovations et aux efforts de fidélisation.
Relation client digitale : prime aux entreprises multi-canaux
Dans les résultats de son étude, TNS Sofres et Bearingpoint soulignent que les "pure players" (entreprises opérant uniquement sur le web) font moins bien que les entreprises traditionnelles et multicanaux. Ces résultats illustrent selon eux le fait que le point de vente physique reste essentiel dans la construction d'une "relation client complètement satisfaisante".
Seule exception, le secteur de la Grande distribution dont les enseignes en ligne font mieux. Commentaire des auteurs de l'étude : "le point de vente, point d’appui fondamental de la relation-clients dans ce secteur, ne joue plus suffisamment son rôle. Par effet de contraste, la dématérialisation apparaît même ici comme un vecteur favorable pour ceux qui la pratiquent."
Les clients connectés jugent favorablement la relation client.
Dans tous les secteurs, les clients "connectés" (estimés à un quart de la population, et ayant pour caractéristiques de disposer de 4 espaces clients, recevant factures et relevés en ligne, acceptant de recevoir de l’information sur les entreprises dont ils sont clients) sont plus positifs que la moyenne sur le sujet de la relation client tous secteurs confondus. Les clients connectés recommandent davantage les entreprises dont ils sont clients (ayant plus de moyens de le faire). "C’est un enseignement majeur de cette enquête, notamment pour les entreprises qui craignent parfois de perdre la main face à ces clients hyper connectés" déclare TNS Sofres et Bearingpoint. Le fait d'être disponible partout, tout le temps, et de répondre vite au client est un atout essentiel pour les entreprises.
Réclamation correctement traitée et recommandation sont liés.
Nouvelle illustration de ce que les responsables des services consommateurs savent déjà : en répondant bien à son client on favorise la recommandation. Une belle slide de l'étude illustre le rapport que je ne résiste pas à vous montrer ci-dessous, comme pour rappeler qu'il ne faut pas être seulement à l'écoute et disponible, encore faut-il répondre au client. Il vous en sera reconnaissant.
Les classements par secteurs de ce 7ème podium de la relation client sont :
1er prix secteur Téléphonie mobile: Bouygues Telecom pour la quatrième année consécutive, ce qui est une véritable performance. Ils ne manqueront pas, comme ils l'ont déjà fait de communiquer sur ce point, ce que je trouve remarquable de leur part. Ils s'engagent vis à vis de leurs clients et ils rappelent à leurs collaborateurs que c'est un axe majeur de différenciation (voir mon billet à ce sujet "SNCF et Bouygues communiquent sur la relation client").
1er prix secteur Téléphonie fixe et FAI : SFR (après Orange en 2009 et Alice en 2008)
1er prix secteur Services (première édition) : UPS
1er prix secteur Automobile : Mercedes - Benz (Toyota en 2008 et 2009)
1er prix secteur Assurances : MAIF (pour la 3ème année consécutive)
1er prix secteur Banques : Crédit Mutuel et CIC (ex-æquo). Le Crédit Mutuel occupait seul cette position les deux dernières années.
1er prix secteur Transport : Air France (retour sur la première marche pour Air France, qui avait été récompensée en 2008 et dépassée par Corsairfly en 2009. Lire mon billet récent Applaudissement sur Air France)
1er prix secteur Tourisme : Center Parcs (retour à la première position occupée en 2008 et laissée à Thomas Cook en 2009).
1er prix secteur Service public : CNAV (pour la troisième année consécutive, une bonne nouvelle en plein débat sur l'assurance vieillesse. On sera peut-être moins indemnisé mais mieux traité...)
1er prix secteur Grande distribution : Casino (après Système U en 2009 et CORA en 2008)
1er prix secteur Distribution spécialisée : Darty et Yves Rocher (ex-æquo) après Nocibé et IKEA les deux dernières années.
Prix spécial “Digital” : Amazon.fr. Un nouveau prix bienvenu et mérité !
Complétez la lecture de ce billet avec mon billet sur le podium de la relation client 2009.
Merci à Lionel et son blog sans qui je n'aurais pas eu accès à l'étude.
Article écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client (tous professionnels bienvenus, relation client digitale est un plus).
Sont distingués, toutes catégories confondues :
1er Mercedes Benz
2ème MAIF
3ème (ex aequo) DARTY et YVES ROCHER.
On notera la disparition de Toyota qui occupait la première marche l'an dernier et la seconde en 2008. J'imagine que la crise des rappels de véhicules a du peser sur l'expression des clients. Un constructeur automobile qui occupe une place de challenger sur son marché (tout comme Toyota) est désormais numéro 1 de la relation client. La MAIF confirme comme chaque année sa remarquable constance, ayant été deuxième l'année dernière et premier en 2008 (lire mon interview ici). La distribution spécialisée, présente l'année dernière dans le trio de tête avec Nocibé, est cette année honorée avec deux enseignes ayant eu la meilleure note : Darty et Yves Rocher.
Trois secteurs dominent, le client semble encore plus exigeant.
Comme le signalent TNS Sofres et Bearingpoint dans leur rapport, ces trois secteurs (Automobile, assurances et distribution spécialisée) dominent encore cette année, même si aucun secteur n'obtient en moyenne une note au dessus de 7. Le Transport, les Entreprises de service et le Service public sont quant à eux les trois secteurs du bas du classement.
Premier commentaire général des deux sociétés organisatrices de ce podium : "Le client "dans la crise" a clairement haussé ses niveaux d’exigence, d’impatience, de distance, voire de défiance".
L'écart se creuse entre meilleurs et moins bons.
Deuxième enseignement de l'étude : l'écart dans chaque secteur se creuse entre les meilleurs et les moins bons. Cet écart illustre les choix très variables des entreprises concernant la relation client comme élément de différenciation. Exception notable à cette tendance : le secteur Téléphonie fixe et FAI dont les écarts se réduisent entre les acteurs, preuve que la relation client est le nouveau terrain de bataille des fournisseurs. Après des années de relation client sacrifiée sur l'autel de la croissance et de la conquête de parts de marché, on se concentre sur le client et sa fidélisation (du reste, même si ce secteur est 8ème sur 11, c'est celui qui "perd" le moins cette année parmi les 11 secteurs).
Les nouvelles priorité du client
Selon TNS Sofres et Bearingpoint, certaines dimensions se révèlent plus importantes que d'autres dans la construction d'une relation client de qualité. Comme pour illustrer mon article sur les tendances du Sens du client 2010, "le client sera entendu, le client sera seul et le client sera amélioré", Rapidité / Réponse, Information, Service adapté, Joignabilité, Ecoute et Contact sont des "valeurs à la hausse" dans l'étude. Les entreprises sont désormais jugées sur leur capacité à répondre rapidement et fournir une réponse personnalisée, ce qui donne évidemment un avantage aux entreprises orientées client ayant une vraie politique de relation client sur Internet.
Fidélité, Info point de vente, Info Téléphone et Innovation sont les 4 valeurs en baisse, comme pour illustrer le fait que le client se recentre sur des attentes "basiques" de relation, à la recherche de simplicité et moins sensible aux innovations et aux efforts de fidélisation.
Relation client digitale : prime aux entreprises multi-canaux
Dans les résultats de son étude, TNS Sofres et Bearingpoint soulignent que les "pure players" (entreprises opérant uniquement sur le web) font moins bien que les entreprises traditionnelles et multicanaux. Ces résultats illustrent selon eux le fait que le point de vente physique reste essentiel dans la construction d'une "relation client complètement satisfaisante".
Seule exception, le secteur de la Grande distribution dont les enseignes en ligne font mieux. Commentaire des auteurs de l'étude : "le point de vente, point d’appui fondamental de la relation-clients dans ce secteur, ne joue plus suffisamment son rôle. Par effet de contraste, la dématérialisation apparaît même ici comme un vecteur favorable pour ceux qui la pratiquent."
Les clients connectés jugent favorablement la relation client.
Dans tous les secteurs, les clients "connectés" (estimés à un quart de la population, et ayant pour caractéristiques de disposer de 4 espaces clients, recevant factures et relevés en ligne, acceptant de recevoir de l’information sur les entreprises dont ils sont clients) sont plus positifs que la moyenne sur le sujet de la relation client tous secteurs confondus. Les clients connectés recommandent davantage les entreprises dont ils sont clients (ayant plus de moyens de le faire). "C’est un enseignement majeur de cette enquête, notamment pour les entreprises qui craignent parfois de perdre la main face à ces clients hyper connectés" déclare TNS Sofres et Bearingpoint. Le fait d'être disponible partout, tout le temps, et de répondre vite au client est un atout essentiel pour les entreprises.
Réclamation correctement traitée et recommandation sont liés.
Nouvelle illustration de ce que les responsables des services consommateurs savent déjà : en répondant bien à son client on favorise la recommandation. Une belle slide de l'étude illustre le rapport que je ne résiste pas à vous montrer ci-dessous, comme pour rappeler qu'il ne faut pas être seulement à l'écoute et disponible, encore faut-il répondre au client. Il vous en sera reconnaissant.
Les classements par secteurs de ce 7ème podium de la relation client sont :
1er prix secteur Téléphonie mobile: Bouygues Telecom pour la quatrième année consécutive, ce qui est une véritable performance. Ils ne manqueront pas, comme ils l'ont déjà fait de communiquer sur ce point, ce que je trouve remarquable de leur part. Ils s'engagent vis à vis de leurs clients et ils rappelent à leurs collaborateurs que c'est un axe majeur de différenciation (voir mon billet à ce sujet "SNCF et Bouygues communiquent sur la relation client").
1er prix secteur Téléphonie fixe et FAI : SFR (après Orange en 2009 et Alice en 2008)
1er prix secteur Services (première édition) : UPS
1er prix secteur Automobile : Mercedes - Benz (Toyota en 2008 et 2009)
1er prix secteur Assurances : MAIF (pour la 3ème année consécutive)
1er prix secteur Banques : Crédit Mutuel et CIC (ex-æquo). Le Crédit Mutuel occupait seul cette position les deux dernières années.
1er prix secteur Transport : Air France (retour sur la première marche pour Air France, qui avait été récompensée en 2008 et dépassée par Corsairfly en 2009. Lire mon billet récent Applaudissement sur Air France)
1er prix secteur Tourisme : Center Parcs (retour à la première position occupée en 2008 et laissée à Thomas Cook en 2009).
1er prix secteur Service public : CNAV (pour la troisième année consécutive, une bonne nouvelle en plein débat sur l'assurance vieillesse. On sera peut-être moins indemnisé mais mieux traité...)
1er prix secteur Grande distribution : Casino (après Système U en 2009 et CORA en 2008)
1er prix secteur Distribution spécialisée : Darty et Yves Rocher (ex-æquo) après Nocibé et IKEA les deux dernières années.
Prix spécial “Digital” : Amazon.fr. Un nouveau prix bienvenu et mérité !
Complétez la lecture de ce billet avec mon billet sur le podium de la relation client 2009.
Merci à Lionel et son blog sans qui je n'aurais pas eu accès à l'étude.
Article écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels de la relation client (tous professionnels bienvenus, relation client digitale est un plus).
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31 mai 2010
Fabrice Valmier (VT Scan) et le Sens du client
Fabrice Valmier est l'un des dirigeants du Groupe VT Scan, anciennement Vidéothèque, leader du conseil en sélection d'agence. Vous allez me dire, quel rapport avec la relation client ?
Je pense personnellement que l’orientation client se décide aussi lors de son choix d’agence conseil en communication ou en marketing lorsqu’on est une entreprise. Pour assurer une communication vers ses clients qui soit la plus cohérente, il faut aussi aligner ses prestataires (c’est l'un de mes 10 commandements de la relation client) et je sais que VT Scan aide à faire des choix difficiles, et souvent à poser des questions aux entreprises (« les annonceurs »), à propos de leurs clients et de leur connaissance de ces derniers. Pour avoir travaillé avec Fabrice Valmier, je peux vous assurer qu’il a le Sens du client.
J’ai eu l’occasion de faire une conférence le 2 février 2010 organisée par The brain compagnie sur le thème « sauver le brief » et j’y avais défendu l’idée (avec Bernard Petit le PDG de VT Scan) que le client final est souvent absent du brief fait à une agence. Intuitivement, chacun d’entre nous est capable de juger si une communication de marque manque sa cible ou n’est tout simplement pas compréhensible. C’est la preuve que l’agence ou l’annonceur n’ont pas fait leur travail de recherche sur le client.
Revenons à Fabrice Valmier, et son entreprise, VT Scan . Celle-ci a aujourd'hui pour mission d'optimiser la performance marketing / communication dans toute l'interface annonceurs / agences : choix des partenaires, structures, process, outils, contrats, rémunération, évaluation des performances, formation, veille...
Pour servir ses clients à l'international, VT Scan est également un des fondateurs du réseau Scan International.
VT Scan s'engage à faire respecter les bonnes pratiques définies en commun par l’UDA et l’AACC dans le Guide de la Relation Annonceur-Agence Conseil.
Qui êtes-vous ?
Après un parcours de 12 années en agences (10 ans en agences 360° puis 2 ans en Agence digitale, avec notamment la V1 du site voyages-sncf.com), j’ai rejoint le Cabinet Conseil en Choix d’Agences VT SCAN, dont je suis devenu l’un des 3 associés en 2004.
Grâce à notre immersion au sein du monde « mouvant » des Agences, nous aidons les Entreprises à sécuriser leurs choix d’agences de communication (aussi bien en pub, digital, RP etc…) et à renforcer la performance du couple Annonceur/Agence.
Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu’"avoir le sens du client" ?
Aujourd’hui, c’est savoir perdre - en partie - le contrôle sur sa marque, sur son entreprise pour mieux le reprendre. Je m’explique : l’anecdote est terminée concernant les Média Sociaux, et c’est toute la relation-client qui est bousculée. Les « plans de com » et autres « programmes de fid », aussi bien ficelés soient-ils, ne pourront pas échapper à cette nouvelle manière de créer de la préférence... C’est inéluctable car sinon, on le voit bien, plus l’entreprise se raidit, moins elle convainc de son écoute-client. L’impact immédiat ? C’est le fonctionnement du couple entre une Entreprise et son Agence, qui doit lui aussi se réinventer pour répondre à ces nouveaux enjeux !
Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ?
Elle progresse à marche forcée.
Mais elle reste parfois monolithique, car elle ne distingue pas encore assez 2 niveaux : schématiquement, la relation-client sur les moins de 30 ans et celle sur les plus de 30 ans. Sur les digital native, la relation-client n’a pas besoin de s’appuyer sur la reconnaissance mais plus sur la production de contenus de loisirs, de complicité, et ce quasiment quel que soit le secteur d’activité de la Marque ! Sur les plus de 30 ans, il faut rester dans le service pur et dur, respectueux et dans une certaine sobriété de reconnaissance.
La difficulté c’est que cette réalité de segmentation doit être partagée par les marketers, et là encore aussi bien chez les Marques que chez leurs Agences, pour la traiter avec le bon curseur. Pas toujours simple, car la compatibilité culturelle entre les deux est parfois bien différente.
Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ?
L’exemple de Toyota est formidable. La plateforme www.toyotaconversations.com qui a servi de rebond pour la marque, attaquée suite aux problèmes techniques qu’ont connu ses véhicules, est un exemple de réalisme, d’humilité… et d’expertise revendiquée avec modestie, mais aussi avec l’ambition de rester LE grand constructeur automobile mondial. Une gestion de crise, gérée de manière très pro, orientée end-users, avec une Marque qui s’est dit « où est l’opportunité dans ce moment de difficulté ? ». Cela a porté ses fruits, et permis à Toyota d’enchainer sur une relation pérenne, initialisée dans un moment délicat pour la Marque. Bref, quand la difficulté est devenue un accélérateur relationnel, c’est bien joué…
Interview réalisée par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et des amateurs de "brief agence" orienté client.
Je pense personnellement que l’orientation client se décide aussi lors de son choix d’agence conseil en communication ou en marketing lorsqu’on est une entreprise. Pour assurer une communication vers ses clients qui soit la plus cohérente, il faut aussi aligner ses prestataires (c’est l'un de mes 10 commandements de la relation client) et je sais que VT Scan aide à faire des choix difficiles, et souvent à poser des questions aux entreprises (« les annonceurs »), à propos de leurs clients et de leur connaissance de ces derniers. Pour avoir travaillé avec Fabrice Valmier, je peux vous assurer qu’il a le Sens du client.
J’ai eu l’occasion de faire une conférence le 2 février 2010 organisée par The brain compagnie sur le thème « sauver le brief » et j’y avais défendu l’idée (avec Bernard Petit le PDG de VT Scan) que le client final est souvent absent du brief fait à une agence. Intuitivement, chacun d’entre nous est capable de juger si une communication de marque manque sa cible ou n’est tout simplement pas compréhensible. C’est la preuve que l’agence ou l’annonceur n’ont pas fait leur travail de recherche sur le client.
Revenons à Fabrice Valmier, et son entreprise, VT Scan . Celle-ci a aujourd'hui pour mission d'optimiser la performance marketing / communication dans toute l'interface annonceurs / agences : choix des partenaires, structures, process, outils, contrats, rémunération, évaluation des performances, formation, veille...
Pour servir ses clients à l'international, VT Scan est également un des fondateurs du réseau Scan International.
VT Scan s'engage à faire respecter les bonnes pratiques définies en commun par l’UDA et l’AACC dans le Guide de la Relation Annonceur-Agence Conseil.
Qui êtes-vous ?
Après un parcours de 12 années en agences (10 ans en agences 360° puis 2 ans en Agence digitale, avec notamment la V1 du site voyages-sncf.com), j’ai rejoint le Cabinet Conseil en Choix d’Agences VT SCAN, dont je suis devenu l’un des 3 associés en 2004.
Grâce à notre immersion au sein du monde « mouvant » des Agences, nous aidons les Entreprises à sécuriser leurs choix d’agences de communication (aussi bien en pub, digital, RP etc…) et à renforcer la performance du couple Annonceur/Agence.
Selon vous, pour une entreprise, qu’est-ce qu’"avoir le sens du client" ?
Aujourd’hui, c’est savoir perdre - en partie - le contrôle sur sa marque, sur son entreprise pour mieux le reprendre. Je m’explique : l’anecdote est terminée concernant les Média Sociaux, et c’est toute la relation-client qui est bousculée. Les « plans de com » et autres « programmes de fid », aussi bien ficelés soient-ils, ne pourront pas échapper à cette nouvelle manière de créer de la préférence... C’est inéluctable car sinon, on le voit bien, plus l’entreprise se raidit, moins elle convainc de son écoute-client. L’impact immédiat ? C’est le fonctionnement du couple entre une Entreprise et son Agence, qui doit lui aussi se réinventer pour répondre à ces nouveaux enjeux !
Que pensez-vous de l’évolution de la relation client en France ?
Elle progresse à marche forcée.
Mais elle reste parfois monolithique, car elle ne distingue pas encore assez 2 niveaux : schématiquement, la relation-client sur les moins de 30 ans et celle sur les plus de 30 ans. Sur les digital native, la relation-client n’a pas besoin de s’appuyer sur la reconnaissance mais plus sur la production de contenus de loisirs, de complicité, et ce quasiment quel que soit le secteur d’activité de la Marque ! Sur les plus de 30 ans, il faut rester dans le service pur et dur, respectueux et dans une certaine sobriété de reconnaissance.
La difficulté c’est que cette réalité de segmentation doit être partagée par les marketers, et là encore aussi bien chez les Marques que chez leurs Agences, pour la traiter avec le bon curseur. Pas toujours simple, car la compatibilité culturelle entre les deux est parfois bien différente.
Avez-vous une anecdote, un exemple de relation client remarquable ?
L’exemple de Toyota est formidable. La plateforme www.toyotaconversations.com qui a servi de rebond pour la marque, attaquée suite aux problèmes techniques qu’ont connu ses véhicules, est un exemple de réalisme, d’humilité… et d’expertise revendiquée avec modestie, mais aussi avec l’ambition de rester LE grand constructeur automobile mondial. Une gestion de crise, gérée de manière très pro, orientée end-users, avec une Marque qui s’est dit « où est l’opportunité dans ce moment de difficulté ? ». Cela a porté ses fruits, et permis à Toyota d’enchainer sur une relation pérenne, initialisée dans un moment délicat pour la Marque. Bref, quand la difficulté est devenue un accélérateur relationnel, c’est bien joué…
Interview réalisée par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et des amateurs de "brief agence" orienté client.
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