24 juillet 2011

IRRITANT : les procédures de ZARA

Le nouveau Président de Zara, Pablo Isla, qui succède au fondateur de la chaîne numéro 1 mondial du vêtement, a bien failli recevoir un joli paquet de ma part ce mois-ci.
Alors que ma fille cadette s'était vue offrir une veste dont la taille ne convenait pas, elle est allée à la boutique où ce vêtement a été acheté pour l'échanger munie du ticket original (le sac contenant la veste est en photo de ce billet). Refus car il est impossible d'échanger le vêtement sans la carte bancaire qui a servi au paiement !
Je décide d'aller moi-même à nouveau dans la boutique pour me faire expliquer l'absurdité de cette règle et tenter l'échange. La caissière n'en démord pas, et sur un ton peu aimable, me dit :
- Ce sont les procédures, c'est comme ça ! Je l'ai déjà dit à la demoiselle qui est venue hier.
- Appelez donc votre responsable s'il vous plait, lui répondis-je.
- Elle vous dira la même chose, on ne peut pas faire autrement.
La jeune responsable arrive, elle semble détester le conflit au point de me tourner le dos à moitié et ne pas me regarder dans les yeux. Je sens qu'elle n'est pas très à l'aise lorsqu'elle m'affirme :
- Ce sont les nouvelles procédures informatiques, et ce magasin les applique. Vous pouvez aller dans un autre magasin qui vous fera l'échange sans la carte bancaire utilisée pour le paiement.
- Il est hors de question madame que je me rende dans un autre magasin ! C'est absurde, cette veste est un cadeau, je suis venu spécialement ici pour l'échanger contre la taille du dessus.
- Je suis désolé Monsieur, je ne peux rien faire contre les procédures informatiques. Je n'ai pas l'autorité pour le faire.
A ce stade, une réflexion me vient. Comment une chaîne leader mondial ne permet pas à ses responsables de points de vente de prendre une décision comme celle-ci ? ZARA a construit sa réputation et bâti son succès sur la rapidité et la souplesse (200 stylistes créent 30.000 modèles par an, le siège social en Espagne est en liaison permanente avec les 5000 boutiques dans 75 pays). Le credo de cette enseigne fantastique est d'être à l'écoute du client et de le satisfaire avec une logistique exceptionnelle qui livre les magasins en moins de 24 heures en Europe par exemple (lire l'article du Figaro). Comment peut-on construire une machine de guerre commerciale et faire des règles aussi démentes ? L'échange n'est pas exceptionnel, et on peut imaginer que je ne suis pas le seul dans ce cas.

Revenons à ma conversation avec la responsable.
- Madame, si vous n'avez pas la possibilité de le faire, pourquoi ne pas appeler votre responsable régional, votre Directrice ou votre Directeur régional, le Directeur général France et pourquoi pas le Président ?
- Ça ne se passe pas comme ça Monsieur ici, et je vous dis que ce n'est pas possible, et que c'est une procédure informatique. Il y a d'ailleurs un affiche collée ici derrière la caisse...
Sans m'énerver, je lui dis alors en élevant la voix :
- Vous allez devoir choisir entre respecter les procédures absurdes et satisfaire un client. Je vous demande de DÉSOBÉIR pour satisfaire un client. Je veux bien vous aider à signaler à vos responsables que cette procédure n'est pas un standard dans la distribution et qu'elle va vous créer de nombreux problèmes comme le mien ! Je ne quitterai pas ce magasin sans cette veste dans la taille supérieure, et si vous ne voulez pas l'échanger, je la mets dans un paquet que j'envoie dès ce soir au président de ZARA.
Un peu tendue par mon verbe haut qui m'attire des regards d'incompréhension, voire de méfiance ou de crainte, d'autres clients, elle chuchote un mot à sa caissière puis va vers le téléphone pour engager une conversation avec je ne sais qui.
La caissière, sans un mot ni un sourire, défait la pastille de sécurité de la veste, griffonne une signature sur le ticket puis me balance littéralement la veste en me disant "voilà c'est bon".
Je n'insiste pas avec la caissière vexée d'avoir été contredite, et je vais voir la responsable le combiné téléphonique collé à son oreille. Je lui sers la main vigoureusement et lui dis en parlant fort (pour que la personne à l'autre bout du fil entende) :
- Merci et bravo pour cette décision. Toutes les félicitations pour avoir désobéi à une procédure absurde conçue par des personnes qui ne sont pas au contact de clients difficiles comme moi !

Cet épisode navrant -qui finit bien- me fait penser à une question qu'on pose à l'embauche chez Zappos : «Racontez la dernière fois que vous avez outrepassé les règles pour vous assurer que le travail serait fait correctement ?».
Moralité : le sens du client c'est aussi être capable d'apprendre à ses employés à désobéir.

Billet écrit par Thierry Spencer du Sens du client, le blog des professionnels du marketing client et de la relation client.

7 commentaires:

Jérémy a dit…

Très bon billet.
Je rebondis dessus car à la radio ce matin, j'entendais que les soldes n'avaient pas été bonnes pour les commerçants.
Même s'il est vrai que les consommateurs ont pris le pli d'acheter sur Internet et leur première raison est que les prix sont plus attractifs.
Il en reste que l'argument des magasins qui dit que sur Internet, le SAV est délicat, avec ce genre de comportement, pas étonnant que les consommateurs boudent les magasins.

Antoine a dit…

Il faudra repasser dans ce magasin d'ici quelques jours pour vérifier que la personne ne s'est pas faite virer? (Surement en CDD court terme comme beaucoup de vendeurs, même dans les grandes enseignes hélas).

StephanieMC a dit…

Effectivement, ce problème est très récurrent dans ce genre de magasin. Pour nous la procédure informatique ne fut pas évoquer mais cette excuse-ci: qui nous prouve que vous n'avez pas trouvé ou volé ce sac?! je vous passe le scandale dans le magasin...
il serait temps que Zara mette son marketing au profit de la clientèle!

Damien a dit…

Bonjour

Ce texte me rappelle pourquoi j'ai quitté il y a quelques années mon poste de directeur dans une grande enseigne ! De plus en plus de procédures ne respectant pas le fondamental du commerce, c'est à dire le client ! Notre société rencontrait des grosses difficultés de CA et de résultats, mais tout était fait pour ne pas répondre aux attentes des clients : le serpent se mordait la queue ...
Aujourd'hui, je travaille dans le monde des centres commerciaux et je constate chaque jour que de nombreuses sociétés vont dans cette voie. Les responsables sont de plus en plus des animateurs de surface, et n'ont aucune responsabilité.

Anonyme a dit…

J'ai travaillé pendant quelques années pour Zara. Ce qui vous est arrivé ne me surprend guère !

- Il est vrai que les managers sont tenus en laisse et n'ont pas le loisir d'outrepasser les ordres et les procédures, tant pis pour le client si il n'est pas content !... Les managers risquent des "avertissements" (3 suffisent pour se faire renvoyer) !

- Cette société est surnommée par ses employés et ex-employés : l'usine. D'où le turn over important et le fait qu'ils engagent des "bosseurs" mais qui n'ont aucun sens ni de l'accueil, ni de la courtoisie, ni le sens commercial...Ce sont des "ouvriers" et pas des pro du contact client !

- La qualité du service à la clientèle est à désirer. Certes les manuels de formation des nouveaux employés y mettent l'accent mais dans la pratique, on s'en fout car "de toute façon, nous vendons assez ! Un client de moins on s'en fout" !

- Cependant, je tiens à préciser que (à moins que les procédures de remboursement n'aient changé depuis mon départ de la société) l'échange a toujours été faite pour des cas comme le vôtre, le ticket suffisait !

brunoleiner a dit…

Bonjour,

Nous avons un véritable problème en France. Il faut systématiquement en arriver aux menaces pour obtenir gain de cause.
J'ai vécu à peu près la même anecdote dans une enseigne spécialisée dans le high tech. C'est affligeant de constater ce genre de situation qui a inévitablement un impact sur l'image de l'enseigne.
Faire évoluer les mentalités prendra beaucoup de temps, mais c'est un beau challenge que je m'emploie à relever chaque jour.

cordialement

Anonyme a dit…

J'ai acheté chez ZARA Belle Epine une paire de mocassins il y a à 5 semaines. Je les ai essayé avant hier et j'ai eu trés trés mal en les portant au niveau de la cheville. J'ai une ampoule.
Je pars au magasin ce matin et à ma grande surprise le vendeur me dit que les chaussures sont rigides au départ. J'ai répondu que je ne porte que ça et je n'ai jamais eu de soucis de cette nature. Après, il me dit qu'il n a jamais eu de retour sur ce produit. Sauf qu'il n' a jamais regardé le ticket de caisse et à moins de vendre que ce modèle il me semble difficile de savoir s'il y a déjà eu des retours. Je reste perplexe. Il regarde enfin le ticket de caisse et me dit qu'il ne peut pas me rembourser. Sauf que je n'ai jamais demandé de remboursement. Il me dit alors qu'il ne peut rien faire. Devant mon agacement, il apelle sa responsable. D'ailleurs je me demande si c'était la responsable qui m'a dit que passé un mois rien n'est possible. Je lui ai simplement rapellé que le dafaut de fabrication serait à l'origine de cette douleur et qu'il faudrait peut être creuser cela. Elle me répond qu'elle n'a pas eu de retour. C'est sur que sans consulter et en tenant systématiquement ce discours, elle ne peut avoir de retour.

J'ai voulu laisser mes chaussures elle me les a laissé à la sortie du magasin sur le sol.

Conslusion : plutôt que de prendre les chaussures, de regarder s'il y a déjà eu des retours et de prendre mes coordonnées pour me dire qu'on allait voir si cela venait du fabricant, j'ai été traité comme un mal propre. Non seulement je n'ai pas été entendu mais en plus j'ai eu l'impression d'être une personne malhonnête.

Je suis trés déçu par ce comportement et je pense que ZARA fera partie de ma blacklist.


Bien à vous.